France : l'e-commerce profite-t-il de l'inflation ?

Régulations

Alors que les Français surveillent leurs dépenses, les ventes en ligne ont encore bondi de 20% au premier trimestre

L’e-commerce ne connaît pas la crise. Alors que les dépenses des ménages français stagnent, à cause de la hausse des prix, les ventes sur Internet continuent à fortement progresser. Selon la Fevad, la Fédération des entreprises de vente à distance, elles ont bondi de 20% au premier trimestre à 4,9 milliards d’euros.

Certes, le rythme s’essouffle quelque peu par rapport à 2007 mais les ventes en ligne restent très solides. Il faut dire que les Français sont à la recherche de bonnes affaires et dans un contexte d’inflation, Internet joue le rôle d’exception. Car les produits vendus sur la Toile sont généralement 20 à 30% moins chers que ceux proposés chez les distributeurs classiques.

Durant les trois premiers mois de l’année, 21 millions de Français ont effectué au moins un achat sur la Toile, c’est trois millions de plus qu’il y a un an. Les sites les plus fréquentés sont eBay, PriceMinister, La Redoute, La Fnac, Amazon, Cdiscount, Voyages-sncf, Les 3 Suisses, Vente-privée et Orange E-shop. On compte 50% de sites marchands en plus en un an, observe la Fevad.

Surtout, l’achat en ligne poursuit sa démocratisation : plus de femmes, plus de retraités sont séduits. Et devient un canal de distrbution stratégique pour certains produits. Ainsi, 9% de l’électronique grand public , 14% de l’informatique et 16% de la photo se vendent désormais sur la Toile.

Dans le même temps, cette montée en puissance ouvre la porte à certains abus. 37,2% des sites contrôlés par la DGCCRF ((Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) sont en infraction contre 35,6% en 2006. Une proportion qui inquiète le gouvernement.

“Au premier trimestre, 43% des 12.000 réclamations sur l’achat de produits adressés à la DGCCRFont porté sur la vente à distance alors que celle-ci représente seulement 2% du commerce“, souligne Luc Chatel, le secrétaire d’Etat à la consommation. Le taux d’anomalies est “beaucoup trop élevé“, ajoute-t-il.

Et les secteurs fautifs sont clairement identifiés : “ceux qui ont le plus d’efforts à accomplir sont les voyagistes (44% d’anomalies), les agences immobilières en ligne (43%) et les vendeurs de produits multimédias (40%)”.

L’absence des mentions obligatoires comme les coordonnées téléphoniques du site, la publicité trompeuse et les infractions aux règles d’affichage des prix constituent des problèmes récurrents selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Luc Chatel précise que des contrôles concerneront d’abord les délais de livraison, les sites de commerce alimentaire et les sites de ventes privées. Il rappelle également que de nouvelles mesures vont entrer en application le 1er juin, comme l’obligation de fixer une date limite de livraison pour une commande sur internet, et la possibilité pour le client de se faire rembourser s’il n’a rien reçu une semaine après cette date.


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