France Télécom expérimente le Wi-Fi maillé

Régulations

Ce réseau ‘Mesh’ sera déployé sur le campus de l’école Supélec, en région parisienne

L’opérateur historique poursuit ses expérimentations autour des technologies haut débit. Après avoir annoncé ses projets pour le vDSL, France Télécom se lance dans un test grandeur nature de la technologie des réseaux maillés Wi-Fi, également appelé Mesh.

Déjà largement exploité aux Etats-Unis (lire la contribution de P.A. Baubion, consultant, ci-après), les réseaux Mesh dérivés du Wi-Fi sont issus d’une technique de maillage et de routage dynamique de réseau sans fil basée sur un protocole de détection de voisinage OLSR. Il fut développé par les militaires dans le cadre des systèmes de communication inter armes sur les champs de bataille et notamment expérimenté par l’armée américaine lors de la guerre d’Irak. Les réseaux mesh s’installent et se configurent automatiquement, ils co-existent avec les réseaux existants, sont d’autant plus fiables qu’il sont denses et sont par définition multiservices voix, données et vidéo. Connectés à l’Internet, ils distribuent le haut débit Ethernet 100Mb/s sur une zone locale déterminée et les cellules étant dotées d’une capacité de roaming, ils autorisent la réception en mobilité (voiture, train bus). «Any time, any where, any device », telle est la caractéristique des réseaux ‘mesh‘. Les avantages sont nombreux par rapport au Wi-Fi: l’absence de câblage Ethernet rend l’installation d’un réseau maillé bien plus rapide que celle d’un réseau Wi-fi classique et facilite sa densification à partir de quelques noeuds passerelles reliés à l’Internet, sans installer d’infrastructure lourde. La gestion du réseau est simplifiée et la sûreté de fonctionnement accrue. La mise à jour régulière des tables de routage permet au réseau de détecter une liaison inter-noeuds rompue et de l’auto-réparer en la recalculant immédiatement; et également de gérer automatiquement les connexions et déconnexions de nouveaux noeuds wifi. L’expérience lancée par France Télécom vise à déployer un réseau Mesh sur le campus de l’école Supélec, en région parisienne. Différents types d’utilisateurs (dont 400 en permanents) pourront accéder au réseau interne de Supélec, ainsi qu’à l’Internet via les réseaux maillés déployés. Le personnel enseignant et administratif, les élèves et les visiteurs externes bénéficieront ainsi des avantages qu’offrent déjà le Wi-fi à des débits équivalents (20 Mbits/s utiles) et des portées similaires (30 mètres en indoor et 100 m en outdoor). Une cinquantaine de noeuds Wi-fi actuellement en cours de déploiement sur le campus offriront un accès dans les principaux étages du bâtiment dédié aux enseignements et dans les résidences des élèves. Seuls quelques noeuds faisant office de passerelles seront reliés au réseau filaire de l’école, sans nécessité d’un câblage total préalable des lieux. A Supélec, cet accès réseau quasi omni présent facilitera les échanges entre les différents utilisateurs au travers du Système d’Information, tout en maintenant un niveau de sécurité élevé (authentification, contrôle d’accès selon le profil des utilisateurs et confidentialité des flux réseaux sans-fil). L’expérimentation permettra par ailleurs aux chercheurs de France Télécom de recueillir des informations précises sur les performances et les capacités des réseaux maillés, mais aussi sur la stabilité et la capacité de reconfiguration du réseau. Une étude d’usage permettra également d’évaluer la pertinence économique et la complémentarité du wi-fi maillé avec les autres technologies d’accès réseau sans fil à haut débit connues comme le WiMax. Notons que la ville de Paris vient d’ouvrir son premier ?mesh‘ à la Porte d’Italie. Avis aux amateurs de connexion gratuite ! Les Etats-Unis en avance sur le Mesh

Les retours d’expériences d’une dizaine de réseaux opérationnels aux US nous ont été rapportés par Xavier Dalloz, consultant, qui ne désespère pas de monter une expérimentation financée par la Datar pour l’association des plus beaux villages de France. Saluons cette initiative d’une vision intéressante d’accès Internet à profusion dans les beaux villages de notre France profonde ! Ainsi d’énumérer les réalisations de Las Vegas, de Los Angeles, d’Oklahoma City, de Chasca où pour 500.000 dollars la ville fournit le haut débit à 20% des 7.500 foyers à l’aide d’un réseau de 168 bornes ?

mesh‘ installées en quelques jours. L’expérience de Philadelphie, considérée comme la « digital town », étant la plus importante avec un réseau couvrant 345 km² et desservant 1,5 million d’habitants en Internet, avec, entre autres services, celui de la téléphonie VoIP… Les montants d’investissement sont relativement faibles, de l’ordre de 15.000 dollars par km² et les délais d’installation courts pour autant que l’ingénierie soit faite au préalable. Les majors de l’industrie sont déjà dans ce business ; citons notamment Motorola qui a racheté Mesh Networks, et Nortel qui ouvre la ville de Taipei. Et en tout, une dizaine de fabricants nord-américains comme Tropos, Strix Systems, BelAir, Locus, qui ont développé des systèmes propriétaires. Il faudrait aussi s’étendre sur la gamme des services offerts notamment liés à ceux de la sécurité civile (polices, pompiers, urgences?). Contrairement aux autres réseaux mobiles comme ceux du GSM, fondés sur une approche «top-down », le ?mesh‘ repose sur une conception « bottom-up » qui part des besoins du client et du citoyen. Pierre-Antoine Baubion, consultant, PABVISION


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