France Télécom: l’hémorragie des abonnés se poursuit

Régulations

Selon la Tribune, plus de 500.000 clients auront quitté l’opérateur historique à la fin de l’année

L’hémorragie des abonnés à la téléphonie fixe de France Télécom se confirme une fois de plus. La faute au dégroupage total, qui totalise à fin septembre 360.000 lignes, et à la hausse importante de l’abonnement mensuel de l’opérateur historique.

En septembre dernier, l’Arcep, le régulateur des télécoms, évoquait une ‘fuite’ de 10.000 abonnés par semaine. Aujourd’hui, l’Autorité fait le bilan et estime à 500.000, le nombre d’abonnés qui auront coupé tout lien avec l’opérateur historique, révèle le quotidien la Tribune. Le rythme de départ est donc actuellement supérieur à 10.000 par semaine. Certains opérateurs pensent que ce chiffre sera dépassé et avancent 600.000 défections, ajoute La Tribune. Rappelons que le dégroupage total permet de ne plus payer l’abonnement chez France Télécom en ouvrant une ligne chez un opérateur alternatif. Par ailleurs, la modification des conditions d’abonnement consentie par France Télécom amplifie le phénomène. Depuis le 1er octobre, la durée minimale d’engagement à l’abonnement téléphonique a été réduite de moitié : elle passe de 12 à 6 mois. Les consommateurs peuvent ainsi à tout moment, y compris durant cette période minimale de 6 mois, souscrire à une offre concurrente dans le cadre du dégroupage total. Notamment en cas de déménagement. Un changement de taille! Jusqu’à octobre, les consommateurs qui souhaitaient bénéficier d’une offre de dégroupage total devaient attendre la fin de leur période initiale d’abonnement d’un an pour pouvoir résilier auprès de France Telecom. Ce qui fatalement, refroidissait les consommateurs. Conséquence, ces derniers peuvent librement souscrire à une offre concurrente sans avoir à payer les mois d’abonnement restant à courir jusqu’à la fin de la période initiale. Qui profite de cette hémorragie ? Selon le quotidien, Neuf Cegetel est le principal bénéficiaire avec un gain de 200.000 abonnés. Il faut dire que depuis la rentrée, le dégroupage total est plus simple, provoque (un peu) moins de problèmes techniques. Dans le même temps, les opérateurs alternatifs et les FAI ont simplifié leurs offres et proposent des services très attendus, comme la conservation de l’ancien numéro de téléphone. Enfin, les prix très serrés de la concurrence poussent encore plus d’abonnés à quitter France Télécom. D’ailleurs, un récent sondage montre que 60% des Français se déclarent prêts à quitter France Télécom pour une offre de dégroupage total. Pour autant, la concurrence dénonce toujours le tarif du dégroupage total. Il est passé de 10,50 euros/la ligne, précédemment, à un peu moins de 9,50 euros au 1er juin. Une baisse insuffisante, estiment les opérateurs alternatifs, qui évaluent ce prix à 7,50 euros. Ils rappellent que France Télécom a obtenu ? à l’arraché ? une augmentation importante de l’abonnement au téléphone fixe, qui passera progressivement à 16 euros en 2008. Face à cette hémorragie, comment France Télécom peut-il réagir ? L’opérateur souligne d’abord que cette fuite des abonnés ne se fait pas que dans un sens. Selon l’opérateur historique, 10.000 à 15.000 clients reviendraient dans son giron après avoir essayé les offres de ses concurrents. Ces clients reviendraient notamment en raison de la qualité de service de France Télécom. Par ailleurs, l’opérateur mise sur ses nouveaux services autour de son modem routeur LiveBox, écoulé à un million d’exemplaires. Mais les tarifs proposés par Wanadoo restent encore bien supérieurs à ceux de la concurrence. Enfin, France Télécom mise sur de nouveaux services convergents, comme les téléphones fixes-mobiles. Mais pour l’instant, rien n’est encore fait.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur