France Télécom : rumeurs persistantes sur le départ de Didier Lombard

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La pression monte sur le maintient de Didier Lombard à la direction de France Télécom, notamment depuis l’arrivée, anticipée, de Stéphane Richard dans le groupe.

Didier Lombard, le PDG de France Télécom, ira-t-il jusqu’à la fin de son mandat prévu au printemps 2011? Les rumeurs enflent sur son départ prochain de la direction de l’opérateur. Certaines sources syndicales évoquent le 15 février prochain, avec l’annonce probable d’un renouvellement de direction. D’autres, comme le site d’informations financières WansQuare (Groupe Figaro) mise sur le 9 juin tandis que La Lettre A.fr penche pour le mois de mai. Une démission ou un départ anticipé totalement démentis par la direction de France Télécom interrogée par l’AFP.

Didier Lombard a été mis en cause pour sa gestion de l’entreprise face à la crise des suicides parmi le personnel. La restructuration à marche forcée de l’opérateur face à l’internationalisation du marché et l’arrivée de nouveaux enjeux technologiques et économiques a provoqué de graves tensions au sein des salariés. En deux ans, France Télécom a dénombrés 32 suicides. Ce qui a notamment provoqué l’organisation d’un sondage interne révélant le malaise des salariés.

De plus, la situation a accéléré l’arrivée de Stéphane Richard nommé directeur général délégué de France Télécom alors que son arrivée était programmée pour 2011 à l’origine. Le futur dirigeant de l’opérateur historique succédait à Pierre-Louis Wenes, ex numéro 2, qui a servi de fusible dans l’affaire des suicides pour tenter d’apaiser les tensions.

Mais l’arrivée de l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, pose un nouveau problème : la gouvernance bicéphale. D’un côté Didier Lombard reste le commandant officiel d’un vaisseau qu’il va quitter d’ici un an tout en prônant la continuité de la stratégie dans le changement. De l’autre Stéphane Richard, qui assure l’exécutif mais n’a pas voix au sein du conseil d’administration, invoque l’urgence du changement, notamment dans la gestion des équipes. Une dualité de la direction qui risque de porter préjudice aux développements et à l’image de France Télécom.

Surtout, la situation est mal supportée par l’ensemble des salariés qui, de source syndicale, réclament le départ de l’actuel PDG. Un malaise d’autant plus palpable qu’il se traduit à travers le départ évoqué de plusieurs hauts dirigeants dont celui, confirmé, de Barbara Dalibard directrice déléguée à la tête d’Orange Business Services. Mais Didier Lombard dispose du soutien de la majorité du conseil d’administration. « Notre position, c’est que pour permettre la reconstruction de l’entreprise, le départ de Didier Lombard est un passage obligé », souligne-t-on du côté de CFE-CGC/UNSA.

Un scénario possible serait, lors du changement de gouvernance prévue le 15 février prochain, une restriction des attributions de Didier Lombard. L’intéressé serait alors cantonné à la présidence du conseil d’administration laissant à Stéphane Richard la direction effective de France Télécom. Didier Lombard, 68 ans le mois prochain, acceptera-t-il cette «promotion»?


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