Franck Simon (France-IX) : « Le trafic IPv6 reste à 1% du trafic total »

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Pour France-IX, le décollage de l'IPv6 dépend des opérateurs

Comment les acteurs en France ont accueilli l’IPv6 ? Quinze jours après le World IPv6 Launch, le point avec Franck Simon de France-IX.

« Il n’y a pas eu de véritable révolution. » Aux yeux de Franck Simon, directeur général du point d’échange Internet France-IX, la dynamique initiée en 2011 avec l’IPv6 Day, puis le 6 juin dernier avec le World IPv6 Launch pour inciter les acteurs de la chaîne Internet à basculer les utilisateurs sous le protocole IPv6, n’a pas été à la hauteur des attentes.

De par le trafic d’échange que génèrent ses quelque 150 membres, France-IX a néanmoins noté « un petit sursaut avec une augmentation moyenne de 20 % de l’IPv6 », souligne Franck Simon. Mais cette progression est le fait de cinq acteurs majeurs essentiellement : Google, Microsoft, l’Afnic (par le nombre de requêtes IPv6 qui, de fait, a augmenté), Hurricane Electric (fournisseur de transit IPv6) et Neo Telecoms (qui a dévoilé une solution de conversion automatique IPv4/IPv6 mise en place avec A10 Networks). L’hébergeur 1&1 et le réseau Renater (réseau de télécommunication dédié à l’enseignement et la recherche en France) ont également montré une hausse de trafic IPv6, indique notre interlocuteur. Mais globalement « le trafic IPv6 reste à 1 % du trafic total ».

La problématique du dernier kilomètre

Les choses évoluent néanmoins. Chez France-IX, le nombre de membres qui utilisent le serveur de routes en IPv6 est passé de 69 avant le 6 juin à 73 aujourd’hui (sur 128 qui optent pour le serveur de routes). « On ne s’attendait pas que cela bouge à ce niveau à cause de la configuration spécifique que cela entraîne, mais nous nous attendions à ce que plus de membres jouent le jeu de l’IPv6 au-delà des principaux », explique Franck Simon.

Un constat qui confirme la pertinence de sa précédente analyse, à savoir que le blocage ne vient pas du manque d’applications, mais de l’attentisme des opérateurs, dont le cœur de réseau est « IPv6 ready », mais pas les services chez les abonnés. « Si le basculement de l’IPv6 était une question purement logicielle, cela aurait été simple à mettre en œuvre », estime le dirigeant. Il semble donc que la problématique « vienne du dernier kilomètre, donc de la box et des services qui comprennent les flux IPv6 ».

La dynamique est engagée

Visiblement, l’IPv6 décollera lorsque les opérateurs et fournisseurs d’accès auront basculé leurs abonnés. Une analyse propre à la France que l’on peut généraliser à l’international. « Au delà des gros points d’échanges d’Amsterdam, de Londres ou Munich dont la croissance est plus importante du fait du nombre d’acteurs plus élevé, la France reste dans la moyenne sur les points d’échange à l’étranger. »

Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, 839 routes sont IPv6 (sur 10 500 au total) contre 560 avant le 6 juin chez France-IX. « Un résultat à pondérer, car le nombre de routes fluctue, mais suffisamment élevé pour montrer que la dynamique est engagée, se réjouit Franck Simon. L’IPv6 va s’imposer, lentement, avec quelques sursauts issus des opérateurs télécoms. Je m’attends à une croissance significative avant la fin de l’année. »


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