Attractivité de la France : l’opération séduction de François Hollande

Régulations

Une trentaine de grands patrons internationaux, dont les dirigeants de SAP, Samsung et Intel, ont participé lundi à un « conseil de l’attractivité » présidé par François Hollande. « Passeport de talents » étrangers, nouvel opérateur de promotion de la France et stabilité fiscale figurent parmi les mesures annoncées à cette occasion par le chef de l’État.

Après avoir réaffirmé son soutien aux start-up et à ses entrepreneurs lors d’un déplacement dans la Silicon Valley la semaine dernière (Lire : François Hollande inaugure le US French Tech Hub), François Hollande a convié à l’Élysée, lundi 17 février, les dirigeants de grands groupes mondiaux à l’occasion d’un « conseil stratégique de l’attractivité ». Des mesures favorables au monde des affaires ont été présentées. L’objectif : convaincre les décideurs étrangers « que la France est un pays où l’on peut investir, où il faut investir ».

En plus du président Hollande, du Premier ministre, de dix ministres et du président de l’Association des régions de France, étaient présents 32 dirigeants d’entreprise des 5 continents. Ils pèsent ensemble 850 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 3 millions d’emplois, dont 38 milliards d’euros de revenus et 100 000 emplois en France. Aux côtés de patrons de l’industrie, de la distribution et de la finance, se trouvaient les dirigeants d’entreprises de hautes technologies, dont ceux du groupe allemand SAP, de la référence japonaise du commerce en ligne Rakuten, du groupe électronique sud-coréen Samsung et des fondeurs américains Intel et Rambus.

Un nouvel outil de promotion

François Hollande a rappelé aux dirigeants présents les réformes d’ores et déjà engagées par la France pour attirer les talents et investissements internationaux. Le chef de l’État a ainsi mis l’accent sur les dispositifs dédiés à l’innovation (CIR, JEI, Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi…), la baisse des charges des entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité (Lire : Pacte de responsabilité de François Hollande : la filière IT applaudit) et le « choc de simplification » administrative.

« Nous n’avons pas peur des capitaux qui viennent s’investir en France », a assuré le chef de l’État, avant de détailler de nouvelles mesures, dont le regroupement de l’Afii (Agence française pour les investissements internationaux) et d’Ubifrance, établissement public chargé d’accompagner les entreprises françaises à l’export. Ce rapprochement devrait être finalisé dès l’été 2014 pour renforcer l’internationalisation de l’économie française. « Le nouvel outil de promotion de la France regroupera 1 500 personnes pour un budget de 200 millions d’euros et sera présent dans 65 pays à l’étranger », a précisé le président de la République.

Une « green card » à la française

Dévoilé la semaine dernière lors de la visite du président français aux États-Unis, le « passeport de talents » est destiné aux créateurs et investisseurs étrangers appelés à s’installer durablement en France (Lire : Hollande crée une Green Card bleue blanc rouge). Ce titre prend la forme d’un visa de quatre ans, renouvelable pour les mandataires sociaux, les chercheurs et les profils hautement qualifiés. Par ailleurs, les créateurs internationaux qui souhaitent effectuer de courts séjours réguliers sur le territoire se verront « remettre de manière facilitée des visas de circulation de longue durée (jusqu’à 5 ans). » Et les délais d’obtention de visas pour les chargés d’affaires étrangers seront réduits à 48 heures, au lieu de plusieurs semaines actuellement.

Les étudiants étrangers « bénéficieront dès cette année d’une carte de séjour dont la durée correspondra désormais à celle de leurs études  », a poursuivi François Hollande. La France veut aussi soutenir les start-ups étrangères innovantes au potentiel international. Les projets sélectionnés auront accès à « une aide financière de 25 000 euros et à un accompagnement dans leur installation » (French Tech Ticket). Ils disposeront aussi « d’un interlocuteur unique » (French Tech Help Desk) et d’une aide logistique à l’implantation.

Le paiement de la TVA à l’import

« Nous n’avons pas une conception étriquée de notre intérêt national », a expliqué le président de la République. « Nous considérons même que la mobilité des investissements – français à l’étranger, étrangers en France – fait partie de la réussite d’un pays  ». François Hollande, qui a promis plus de stabilité fiscale, a également annoncé la simplification dès janvier 2015 du régime de TVA applicable aux entreprises importatrices. Il a ajouté que « toutes les procédures en douane à l’import et à l’export  » seront dématérialisées.

L’industrie a accueilli favorablement les annonces de l’Élysée, mais reste prudente, comme l’a indiqué Christophe de Maistre, Pdg de Siemens France, au journal Le Monde. « Il est important de faire tomber les barrières, dont le risque pénal pesant sur la tête des mandataires sociaux », explique l’industriel. « Ce qui compte, c’est la création de valeur ajoutée et d’emplois en France, et non la nationalité de celui qui les crée. »

La France abrite plus de 20 000 entreprises étrangères représentant près de 2 millions d’emplois et un tiers de ses exportations. En dix ans, le pays a attiré plus de 6 000 investissements étrangers.


En complément :

– Hollande crée une Green Card bleue blanc rouge

– François Hollande inaugure le US French Tech Hub


Auteur : Ariane Beky
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