Frédéric Neau, EELV : « Les politiques menées n’ont pas su favoriser l’émergence d’un tissu de PME innovantes »

Régulations

Référent Libertés Numériques pour la campagne d’Éva Joly, candidate d’Europe Écologie Les Verts à la présidentielle 2012, Frédéric Neau éclaricit la stratégie numérique de la chef de file du parti écologiste.

Entretien avec Frédéric Neau, référent Libertés Numériques dans le cadre de la campagne d’Éva Joly, candidate à la présidentielle d’Europe Écologie Les Verts (EELV).

Quel budget consacre EELV à cette web campagne ?

Nous consacrons 200 000 euros à cette web campagne dont Elliot Lepers est responsable, soit 10 à 15 % du budget total de la campagne. Toutefois, la frontière peut être floue entre nos différentes opérations : l’actualité et le programme en ligne, les frais d’hébergement web, les communications vidéos, les relations presse via Twitter, la production et la diffusion de tracts et d’affiches, etc. Dans la pratique, l’ensemble est très intégré.

Sur le web, nous souhaitons utiliser au mieux un espace déconnecté des médias traditionnels. Il s’agit pour nous d’avoir davantage de place pour exprimer tout ce que l’on veut. Nous voulons aussi rendre accessible au plus grand nombre un message écologiste, de la fin du nucléaire à l’Europe fédérale en passant par la VIème République, des sujets complexes qui méritent des explications détaillées. Internet nous permet à la fois de mettre à disposition des citoyens des documents longs et de proposer des messages décalés, courts.

Ce qui est intéressant pour nous c’est d’interpeller les gens (clip Happy Birthday Fukushima), d’élargir l’échange au-delà de notre électorat classique et d’aller au-delà des arguments pro ou anti-nucléaires – nos propositions ne consistent pas à passer du nucléaire à la bougie, bien évidemment ! – (cf. Bingomox). Finalement, nous voulons intégrer directement les citoyens à la campagne par le biais du site aveceva – la campagne libre, une extension du portail evajoly2012.fr qui inclut fiches pratiques, propositions d’actions clés en main et vidéos libres de droits.

Finalement, la web campagne ne démarre pas. Les candidats, dans leur majorité, ne se sont pas vraiment orientés sur une campagne web forte, mais le débat se fait entre les militants et passionnés de politique principalement via Twitter. Plus largement, la campagne est tellement délétère, que l’on est dans la précipitation avec des vérifications partielles, à cela s’ajoute le fait que le public privilégie encore la télévision. Or, ce média n’intègre pas les avancées du Net dans son traitement de la campagne (vérification des faits – fact-checking, ouverture des données publiques – open data…).

Est-il paradoxal que les candidats défendant la réindustrialisation du territoire utilisent des outils web américains ?

Les défis de notre génération sont mondiaux. Il nous faut distinguer deux choses, des services comme Facebook et Twitter qui sont fermés et centralisés, et des outils libres comme le système de gestion de contenu WordPress.

Les données que les internautes placent sur Facebook leur appartiennent, et les fruits de l’innovation mûrissent aux États-Unis. Avec les outils libres, il n’y pas de main mise sur le logiciel, même s’il est né outre-Atlantique. Au sein d’EELV, nous sommes attachés aux logiciels libres, ouverts, et pas à une économie de rente sur des innovations brevetées.


Auteur : Ariane Beky
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