Free provoque la colère de l’Avicca

Régulations
crédit photo @ Arcep (capture image vidéo)

Le président du syndicat des villes et collectivités numériques rappelle à sa manière la fracture numérique qui persiste en France, sur le très haut débit cette fois.

C’est la semaine de Free. Après le syndicat d’Orange qui, par l’intermédiaire de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes), a relancé ses attaques contre Free Mobile, c’est autour de l’Avicca (Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel) de taper sur les méthodes de l’opérateur. Dans le fixe cette fois.

Par voie de communiqué,Yves Rome, le président de l’Avicca, ironise sur la récente annonce de la filiale d’Iliad concernant la relance de ses investissements dans le haut et très haut débit. Alors que l’opérateur y évoque une amélioration rapide de la couverture numérique du territoire par l’ADSL dans les zones moyennement voire peu denses, le porte-parole de l’association rappelle le décalage qui continue de s’installer entre les grandes villes et les villes moyennes.

« De quoi s’agit-il ? D’apporter la fibre optique et le très haut débit dans des grandes villes d’un côté, et le simple haut débit dans quelques zones blanches de l’autre, et ce plus de dix ans après que les grandes villes en aient bénéficié. Leurs habitants, professionnels, services publics sont-ils des utilisateurs de seconde zone ? »

Il poursuit son attaque sur la question du financement. Tandis que Free évoque le déploiement de son réseau « sans taxes et avec peu d’argent public », Yves Rome estime qu’« il n’est pas très difficile d’écrémer les zones rentables en fibrant les grandes villes et de laisser les collectivités supporter la quasi-totalité des coûts dans les opérations dites “NRA-MED” [déploiement de matériel dans les sous-répartiteurs dédiés à la montée en débit, NDLR] ».

Un modèle de déploiement déséquilibré

Le président rappelle que, pour avoir droit au chapitre du très haut débit (voire du haut débit) les collectivités « payent la collecte en fibre, les nouvelles armoires, les fourreaux, le brassage des lignes, l’électricité et même une indemnité aux opérateurs pour qu’ils consentent à venir installer leurs DSLAM ».

Soit une facture de 120.000 à 200.000 euros de travaux contre quelques milliers d’euros d’équipements apportés par l’opérateur. « Est-ce peu d’argent public ?, feint de s’interroger Yves Rome qui rappelle que ces frais ne sont pas répartis sur les 40 milliards de chiffre d’affaires des opérateurs privés, mais prélevés dans les impôts locaux ! »

Autrement dit, Yves Rome profite de l’annonce de Free pour rappeler que le modèle de développement numérique en cours privilégie aujourd’hui la rentabilité des opérateurs au détriment de l’égalité des territoires.

Si l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) impose des mécanismes de déploiement égalitaire de la 4G entre les zones denses et les zones rurales, son président Jean-Ludovic Silicani a rappelé à l’occasion d’un discours prononcé lors du colloque RuraliTIC, à Aurillac le 13 septembre 2012, que « le déploiement du réseau FttH sera long, même si la contrainte financière est levée. L’Arcep se devait donc de mettre à la disposition des collectivités et de leur opérateur aménageur, sous certaines conditions, une solution de montée en débit en l’attente des déploiements FttH [fibre à domicile, NDLR]. »

Une stratégie qu’Yves Rome aura l’occasion de critiquer le 25 septembre prochain, lors du colloque organisé par le régulateur ayant pour thème « Les territoires du numérique ».

Crédit photo @ Arcep (capture image vidéo)


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