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Free en pincerait pour le marché britannique

A défaut des Etats-Unis, le Royaume-Uni ? Le Financial Times rapporte que Iliad aurait approché l’Ofcom, le régulateur britannique, dans le cadre de la fusion entre les opérateurs locaux O2 et Three. Le groupe de Xavier Niel pourrait profiter de cette fusion pour tenter de se déployer outre-Manche.

Car l’opération de rapprochement réduit le marché britannique de quatre à trois acteurs. Face à cette concentration, la Commission européenne pourrait imposer à la nouvelle entité de céder des actifs d’infrastructure ou d’ouvrir leur réseau afin de préserver un équilibre concurrentiel. Une démarche similaire à celle qui pourrait avoir cours avec le rachat probable de Bouygues Telecom par Orange (à la différence que, détenu par le groupe hongkongais CK Hutchison, Three n’est pas un opérateur historique). Free pourrait alors profiter de l’accès à une infrastructure mobile pour lancer ses offres sur le marché britannique. Selon le journal britannique, qui s’appuie sur une source proche du dossier, ni Iliad, ni l’Ofcom n’ont voulu commenter cette information. Quant à l’Europe, elle doit se prononcer dans les prochaines semaines sur la suite qu’elle donnera au rapprochement des deux opérateurs britanniques. Une opération qui pourrait néanmoins être avortée. En septembre 2015, les scandinaves TeliaSonera et Telenor avaient renoncé à fusionner face à la menace de veto brandi par la Commissaire à la concurrence Margrethe Vestager.

De la concurrence au portillon

Dans tous les cas, rien n’est joué pour l’opérateur français. Si Three/O2 est dépouillé d’une partie de son réseau, la maison mère de Free ne sera pas la seule à s’intéresser à cet actif. Les rivaux locaux Sky et TalkTalk pourraient également se pencher sur l’opportunité pour élargir leurs offres mobiles. Par ailleurs, l’image de casseur des prix qui colle à Free depuis son arrivée sur le marché mobile français en 2012 ne joue pas nécessairement en sa faveur aux yeux du régulateur britannique. Enfin, on peut s’interroger sur l’intérêt d’accepter une consolidation du marché si c’est pour laisser aussitôt entrer un nouvel acteur.

Si l’information se confirme, elle n’en démontre pas moins, une nouvelle fois, l’intérêt d’Iliad à aller chercher une croissance à l’international. A l’été 2015, Free avait proposé 15 milliards de dollars pour acquérir le 4e opérateur américain T-Mobile, avant finalement d’y renoncer face au mutisme de son propriétaire Deutsche Telekom. Free est néanmoins présent à la Réunion et à Mayotte par l’intermédiaire de l’opérateur Telecom Réunion Mayotte dont il détient 50% des parts. A titre personnel, Xavier Niel a acquis, via sa holding NJJ Capital, plusieurs opérateurs en Europe dont Monaco Telecom et Orange Suisse.


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