Fusion surprise de Sagem et Snecma

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Les deux géants industriels français se marient, visent la complémentarité de leurs métiers, électronique, aéronautique et militaire. L’Etat français conservera 30% à 35% du capital de l’ensemble qui pèsera 10 milliards d’euros

Mariage surprise dans l’industrie française ! Sagem lance une OPE – suivie d’une OPA subsidiaire – sur Snecma, avec l’aval du gouvernement.

L’Etat français, qui avait durant l’été ouvert le capital du motoriste Snecma en plaçant un tiers de son capital sur le marché, a donné son feu vert à la Sagem. Dans la foulée, Snecma va se retrouver hors du périmètre étatique, privatisé de fait. L’Etat ne conservera que 30% à 35% du capital du nouveau géant. Le rapprochement se fera au terme d’une offre publique d’échange (OPE) de 13 actions Snecma contre 3 actions Sagem, assortie d’une offre publique d’achat (OPA) de 20 euros par action Snecma, avec un plafond maximum de 1,250 milliard d’euros, ont annoncé vendredi les deux groupes français. Le projet de fusion permettra de réaliser entre 160 et 190 millions d’euros d’économies (avant impôt) par an à horizon trois ans. Le rapprochement vient confirmer les ambitions de la Sagem dans le militaire. Si le groupe est connu du grand public pour ses activités d’électronique, et plus particulièrement de téléphonie mobile (en France, il est le numéro un), les activités militaires sont moins connues, mais autrement plus rémunératrices. Pour la Snecma, les synergies sont également évidentes. Les équipements aéronautiques utilisent de plus en plus l’électronique. Par ailleurs, le rapprochement Sagem/Snecma ouvre de nouvelles perspectives européennes au nouvel ensemble, à l’image d’EADS dans l’aéronautique militaire ou du rapprochement Thales/DCN dans le naval militaire. Le nouveau groupe, qui pèse 10 milliards d’euros, pourrait par exemple participer à un rapprochement transnational européen, indispensable pour faire face aux géants américains de l’industrie militaire. Sur les drones par exemple, une technologie d’avions sans pilote ni équipage promu à un brillant avenir ? Dans un communiqué, le ministre de l’Economie Nicolas Sarkozy et la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie “se félicitent” de ce projet de rapprochement, “qui conduira à la privatisation de la Snecma”. L’alliance “va dans le sens des intérêts de Snecma, de ses salariés et de ses actionnaires”, soulignent les ministres. La nouvelle entité devrait être présidée par Jean-Paul Béchat, actuel Pdg de la Snecma. Selon lui, il n’y aura “aucune suppression d’emplois parce que ce sont des spécialistes qui ont chacun leurs spécialités qui se mettent ensemble pour se faire partager mutuellement leurs compétences et leurs avantages”. “C’est un des grands avantages de ce rapprochement: il y a donc mise en commun de compétences mais il n’y a pas de doublons”. La fusion va créer “un leader technologique” pesant 9,6 milliards d’euros de chiffres d’affaires (selon les données combinées 2003). L’activité du nouvel ensemble s’articulera autour de 4 métiers : la propulsion aéronautique (31% du chiffre d’affaires), les équipements aéronautiques (21%), les communications (22%) et la défense-sécurité (26%). Au niveau géographique, l’ensemble réalisera 61% de son chiffre d’affaires en Europe, 10% en Asie et 29% dans le reste du monde. Sagem, Snecma: les chiffres clés

Sagem Chiffre d’affaires: 3,2 milliards d’euros 66% dans les télécoms (25% dans les mobiles), 34% dans la défense Snecma Chiffre d’affaires: 6,4 milliards d’euros Leader mondial des moteurs d’avions de plus de 100 places Le nouvel ensemble emploiera 55.000 personnes pour un CA de 7,5 à 10 milliards d’euros.


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