Gala des DSI : Les DSI piliers d’une transformation numérique maîtrisée

DSIGouvernanceProjetsRégulations

A l’occasion du Gala des DSI organisé par l’Agora des DSI, plusieurs responsables informatiques et le philosophe Luc Ferry ont échangé sur l’innovation et le rôle du DSI dans la transformation numérique.

Plus de 200 DSI se sont donnés rendez-vous lors du Gala des DSI pour échanger, dialoguer et réfléchir sur un thème, « le numérique au service de la stratégie : le DSI acteur majeur de la transformation ». Pour plancher sur ce sujet, l’Agora des DSI avait réuni autour d’une table ronde plusieurs DSI (Robert Eusèbe, Arte, Ludovic Tassy, Alain Afflelou franchiseur, Jacky Galicher, Académie de Versailles, Jacques Marzin, DSI de l’Etat) et un invité à part, Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l’Education Nationale.

Ce dernier a lancé le débat sur le terme innovation avec une vision schumpeterienne : « l’innovation est destructrice d’emploi et creuse les inégalités. Dans le même temps, elle crée de formidables espoirs aussi bien dans la biotechnologie ou dans le Big Data. C’est un paradoxe ». Il constate néanmoins qu’il existe « un problème de connaissance et de publicité autour des nouvelles technologies parmi le grand public, mais également dans la classe politique, qui ne comprend pas l’enjeu de ce marché ».

Pour autant, « la France a des atouts dans le domaine de l’innovation : ingénieurs, recherche publique, start-ups », souligne le philosophe. Mais il existe « une épée de Damoclès sur l’innovation: un excès de régulation. Depuis l’introduction du principe de précaution dans la Constitution, nous vivons sur le principe de la peur. Or si elle est bénéfique pour l’utilisateur, la régulation ne doit pas être un frein au développement de l’innovation ». Le risque selon Luc Ferry ? « Les États-Unis vont devenir les champions de l’innovation et nous les champions de la régulation ».

Éviter un Saint Petersbourg du numérique

Interrogé sur le même thème, Jacque Marzin, en charge de la Disic (la DSI de l’Etat), est revenu sur le terme innovation. « Je ne fais pas d’innovation, si j’avais voulu en faire j’aurais alors créé des ambassadeurs du numérique, plutôt qu’une DSI de l’Etat », relève le responsable. Il ne veut pas être l’artisan d’un Saint Petersbourg du numérique, « c’est-à-dire avec des projets avec de belles façades, mais où les fondations et l’arrière du bâtiment sont vétustes et instables ». Il a donc ses préférences en matière de projet quand il avoue par exemple « ne pas croire au Big Data, mais plutôt à l’Open Data ».

Pour la transformation, il mise sur la création de start-ups de l’Etat au sein des ministères avec un budget, pour créer des ruptures et des plateformes dispensant de l’innovation. « Je suis pour l’Education Nationale as a platform ou le ministère de l’Economie et des finances as a platform ». L’idée est d’éviter de créer des usines à gaz dont le secteur public a le secret, si on se rappelle la paie des militaires avec Louvois ou encore le projet ONP.

Les autres DSI semblent d’accord sur cette analyse, en insistant sur la notion d’accompagnement de la transformation numérique par le DSI. Jacky Galichet, DSI de l’Académie de Versailles, a été confronté par exemple à l’arrivée des tablettes dans les différents établissements scolaires. « Il faut s’adapter aux évolutions technologiques plus rapidement, car elles s’interfacent de plus en plus avec le système d’information ».

Robert Eusèbe, DSI d’Arte, constate que « le métier de DSI change. Traditionnellement accaparé par le maintien opérationnel, le DSI doit être au cœur de la transformation numérique de l’entreprise. Il doit être force de proposition sinon il risque d’être contourné par les métiers ». Ludovic Tassy, DSI d’Alain Afflelou Franchiseurs, reconnaît qu’il existe de nombreux sujets sur lesquels la DSI doit travailler et dont il faut discuter avec les métiers pour définir les priorités sur les innovations à apporter dans l’entreprise. Ce dialogue a continué dans la salle autour d’un repas où les DSI ont pu échanger sur des sujets aussi variés que le Cloud, la mobilité, le stockage, etc.

A lire aussi :

Quelles sont les qualités du DSI « idéal » ?

Rapprochement DSI-métiers : il n’y a que les DSI qui y croient

 


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur