Gartner : «Les entreprises doivent se préparer à migrer vers Windows 7»

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Pour le Gartner, la migration vers Windows 7 est difficilement contournable, malgré son côté «version retapée de Vista». Particulièrement pour les entreprises restées sous Windows XP. La majorité d’entre elles.

Faut-il migrer vers Windows 7? A près d’une semaine du lancement officiel de Windows 7, la question doit tarauder un certain nombre d’entreprises (et leurs DSI). « Vous devez vous préparer à migrer », répond sans ambiguïté Michael Silver, vice-président analyste pour le Gartner au cours du séminaire en ligne organisé hier, mardi 13 octobre. Un migration imposée pas tant pour la qualité de la plate-forme (« Windows 7 n’est pas une révolution mais une version affinée (“polishing version”) de Vista », d’après l’analyste) mais parce que « aujourd’hui, il n’y a pas d’autre alternative ».

Ce qui joue en faveur du produit de Microsoft? Le temps! D’abord le support. Si Microsoft a prolongé jusqu’en avril 2014 le support de Windows XP (encore utilisé par plus de 72 % des entreprises selon Gartner), le cabinet d’études pense qu’intégrateurs et autres éditeurs commenceront à abandonner leurs développements sur l’OS vieillissant de Microsoft dès 2012. « Nous commençons à voir que les partenaires support commencent à encourager les utilisateurs à migrer et que leurs propres services de support se terminent avant celui de Microsoft », renchérit Steve Kleynhans, autre chercheur vice-président du Gartner.

Quand bien même une entreprise déciderait de rester sur XP, elle s’engage à payer un lourd tribu à Microsoft en regard d’un support personnalisé. Cela en vaut-il la peine alors que Windows 7 offrira XP Mode, un module virtualisé avec licences qui permettra de continuer à exploiter les applications XP dans le nouvel environnement, rappelle le Gartner.

Une migration en douceur avec le downgrade étendu de la Software Assurance

Autre « incitation » à migrer : le programme de downgrade étendu de la Software Assurance, le contrat annuel de mise à jour (entre autres) de Windows pour les entreprises. Celles qui y souscrivent pourront ainsi migrer vers Seven tout en continuant de profiter du support de XP. La nouvelle politique de Microsoft prévoit en effet un support n-2 (donc vers XP Pro ou Enterprise) au lieu de n-1 (Vista) depuis Seven. Ce support sera proposé jusqu’à l’arrivée du premier Service Pack (SP1) de Windows 7. Soit une période d’environ 18 mois qui laisse le temps à l’entreprise de préparer sa migration.

Quant aux coûts, il est certain qu’ils seront plus élevés pour une migration depuis Windows XP que vers Vista dont 7 partage le noyau et garantit ainsi la compatibilité des applications et drivers aujourd’hui installés. Gartner estime à 1800 dollars environ le montant de la facture de l’opération depuis un PC sous XP vers Windows 7 contre 500 dollars depuis Vista (hors achat matériel). Du coup, les entreprises qui ont déjà migré vers Vista ont-elles intérêt à évoluer vers Seven?

D’un point de vue technologique, le débat est ouvert. Malgré l’aspect ripoliné de Vista, selon l’analyste, Windows 7 introduit un certain nombre d’innovations qui optimiseront, selon les cas et les besoins, la productivité de l’entreprise. Ainsi Direct Access et BranchCache qui permettent respectivement de connecter un client Windows 7 de manière sécurisé sans déployer de VPN (à condition d’équiper le réseau de l’entreprise avec Windows Server 2008 R2 ) d’une part et, pour le second service, d’économiser de la bande passante réseau. « Je suis un peu sceptique là dessus et les entreprises doivent vérifier que ces fonctions correspondent bien à leurs besoins », insiste Steve Kleynhans.

Adopter le 64 bits?

Signalons également les technologies de protection des données par chiffrement AppLocker et Bitlocker to go, une gestion de l’UAC (contrôle des comptes utilisateurs) moins contraignante (que sous Vista), une interface remise à jour (notamment du côté du « ruban » Windows plutôt appréciée des utilisateurs selon Gartner) et la simplification de la gestion du réseau local avec HomeGroup (plutôt réservé aux configurations résidentielles ou TPE).

Faut-il profiter de la migration pour passer au mode 64 bits, ce que propose le nouveau Windows à l’installation. Le Gartner n’y voit pas d’obstacle majeur. Le mode 64 bits permet d’étendre la mémoire vive au-delà des 4 Go gérés par le 32 bits, améliore les performances des applications 64 bits tout en continuant, dans la plupart des cas, à supporter celles en 32 bits et les drivers 64 bits tendent à se généraliser. Néanmoins, le mode 64 bits peut se révéler incompatible dans certaines situations, notamment dans le cas des services VPN qui doivent alors eux-aussi adopter le même mode de registre mémoire. « Les entreprises devraient intégrer le 64 bits dans leurs tests mais ne pas laisser le 64 bits compliquer la migration de l’OS », conseille Steve Kleynhans.

En revanche, si Microsoft considère Windows 7 comme plus léger que Vista et indique une configuration minimale de 1 GHz de puissance processeur et 1 Go de mémoire vive, le Gartner recommande le double pour un usage confortable de la plate-forme : processeur double cœur à 2 GHz et 2 Go de RAM. Du coup, les machines de plus de trois ans pourraient être à la peine.

La migration imposée vers Windows 7 profitera-t-elle à Linux?

En conclusion, le Gartner invite à migrer vers Windows 7 mais selon plusieurs scénarios en fonction des situations. Les entreprises sous Windows 2000 sont invitées à abandonner purement et simplement la plate-forme. Celles sous XP qui hésitent encore doivent envisager une migration vers le SP3 avant le premier trimestre 2010 (si ce n’est pas déjà le cas)… pour abandonner la plate-forme au plus tard en 2012. Les utilisateurs de Vista disposent, quant à eux, de 5 ans pour envisager une migration, ce qui leur permettra éventuellement de sauter le pas vers le futur Windows 8 (nom de code).

Quand aux entreprises qui seraient tentées de profiter de l’arrivée de Windows 7 pour basculer sous Linux ou Mac OS, le Gartner leur conseille de calculer à deux fois leur retour sur investissement avant de passer à l’acte. Nombre d’applications, notamment métier, ayant été développées pour Windows, la facture risque effectivement d’être lourde à digérer. Une transition en douceur est alors préférable.


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