Google redirige ses Chromebooks vers l’éducation

ChromebookPoste de travail
Samsung Chromebook S5

Sans en réinventer les usages, Google place ses Chromebooks sur les rails d’une réorientation stratégique à destination des établissements scolaires américains, déjà demandeurs à hauteur de 27 000 machines.

Google orchestre une réorientation stratégique de son écosystème Chromebook et fait cap vers l’éducation, un marché jugé plus porteur que celui des entreprises, dont la frilosité à l’égard du concept n’a d’égale que l’imperméabilité du grand public.

À l’image du Français Archos, aguicheur inopiné des étudiants à l’appui d’une tablette à 0,66 euro par jour proposée en partenariat avec Bouygues Telecom, le groupe américain basé à Mountain View entrevoit en cette incursion dans les établissements scolaires un meilleur avenir pour ses Chromebooks, vendus à quelques modestes dizaines de milliers d’exemplaires depuis leur intronisation au cours de l’été dernier. Il s’agira toutefois de composer avec les velléités d’Apple, nouveau venu sur le segment avec iBooks, en qualité d’invité-surprise qui avait pourtant semblé faire des ménages les plus aisés son véritable cœur de cible.

Les ardoises tactiles établies comme les plus farouches adversaires de ses Chromebooks, Google s’est attaché à faire valoir les particularités de machines qui, au prix d’une dépendance exacerbée vis-à-vis du cloud, dispensent leurs détenteurs de fastidieuses tâches d’administration et de maintenance. La déportation à distance du parc applicatif minimise en parallèle les menaces virales et s’impose comme la garante d’une stabilité logicielle, en l’occurrence avec le système d’exploitation Chrome OS.

On ne se refait pas

Sans déroger aux fondements du concept, Google joue d’opportunisme et accouche, avec le concours de Samsung (seul constructeur à perpétuer officiellement l’aventure avec ses terminaux estampillés S5), d’une déclinaison aux allures d’opération séduction menée sous la bannière du programme « Chromebooks for Business and Education ». Moyennant une contribution de 30 dollars mensuels, le bénéficiaire se voit octroyer un ordinateur, la garantie d’un support logiciel régulier et l’assurance d’une mise à jour du matériel tous les deux ans.

Une telle démarche, tout particulièrement pertinente en France – où les parcs informatiques des écoles tombent progressivement en désuétude -, l’est moins ostensiblement outre-Atlantique. Google en fait pourtant son terrain d’action et annonce 27 000 machines écoulées, dont 19 000 en Caroline du Sud, comme le précise Gizmodo.fr. Difficile d’estimer la portée de cette entreprise et d’en évaluer la masse critique, mais elle semble amenée à rivaliser avec le projet OLPC (One Laptop per Child), lancé en 2005 à l’initiative du dénommé Nicholas Negroponte, cofondateur du Media Lab du MIT (Massachusets Institute of Technology).


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