Google veut (encore) accélérer Internet avec QUIC

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Vitesse, performances

Google a fait part des résultats de son protocole QUIC visant à utiliser l’UDP pour réduire la latence des requêtes HTTPS. Des résultats suffisamment encourageants pour pousser à une future standardisation du protocole Internet.

Accélérer les connexions Internet est une véritable obsession chez Google. Après avoir travaillé sur le protocole SPDY qui va directement inspirer le HTTP 2.0, les développeurs de Mountain View se sont attaqués, depuis 2013, au protocole UDP pour améliorer la latence des connexions TCP.

75% des connexions

Baptisé QUIC (Quick UDP Internet Connections), ce protocole vise à réduire au minimum les deux à trois allers et retours des requêtes nécessaires entre le client et le serveur avant que le navigateur puisse obtenir la page web demandée. Un système de dialogue à la base du bon fonctionnement des protocoles TCP (HTTP) et, plus encore, TCP + TLS (les connexions sécurisées de HTTPS), lesquelles occupent aujourd’hui la moitié des connexions HTTP environ. Schématiquement, QUIC s’appuie sur un mécanisme de reconnaissance du client qui s’est précédemment connecté au serveur afin d’éviter la phase de validation pour autoriser la connexion. Selon les développeurs dédiés au projet chez Google, QUIC permettrait d’établir une connexion en 0 à 100 millisecondes contre 200 et 300 ms pour une requête HTTPS et 100 ms en HTTP.

Une amélioration qui pourrait profiter à une large majorité des requêtes. « Les données montrent que 75% des connexions peuvent profiter de la fonction zéro aller-retour de QUIC », assurent les chercheur dans un billet de blog. Mieux, QUIC améliorerait également le trafic en cas de congestion et de perte des données. Notamment à travers l’usage de services comme Youtube où, toujours selon Google, 30% des utilisateurs de QUIC déclarent profiter d’une mise en mémoire tampon des vidéos plus rapide.

QUIC futur standard Internet

Aujourd’hui, la moitié des connexions issues de Chrome sur les serveurs de Google s’appuient sur QUIC. Des mois de tests grandeur nature qui poussent Mountain View à vouloir en faire le protocole par défaut pour ses clients, navigateurs et applications mobiles. Et compte bien en faire profiter l’ensemble de la sphère Internet en envisageant une procédure de standardisation du protocole auprès de l’IETF (Internet Engineering Task Force) après quelques aménagements, notamment la mise à jour de l’implémentation SPDY sur QUIC vers HTTP2 sur QUIC. « Nous prévoyons également de travailler sur la réduction des entêtes pour permettre une meilleure évolutivité côté serveur, l’amélioration de la correction d’erreur et de contrôle de congestion, et ajouter le support des connexions multiples », ajoute l’équipe de développeurs.

Si, à l’instar de SPDY, QUIC a de grandes chances d’être implémenté comme une technologie Internet standard, il est encore trop tôt pour savoir quand. En attendant, il faudra se contenter de profiter des performances du protocole en utilisant le navigateur Chrome sur les services en ligne de Google exclusivement.

Google QUIC


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