Google Video Store : la guerre est ouverte

Régulations

Comme attendu, Google proposera son service de téléchargement payant de vidéo

C’est une réunion historique de médias établis et nouveaux“, a déclaré Larry Page, co-fondateur de Google, présentant au CES de Las Vegas le nouveau service de téléchargement payant de vidéo Google Video Store. Ce service réunit le savoir faire de Google sur Internet à des contenus vidéo qui seront fournis par des professionnels de la télévision, CBS pour des programmes récents ou des épisodes de séries télévisées plus anciennes, Sony BMG pour des clips vidéo, Getty Images pour des vidéo historiques, ou la NBA pour le basketball professionnel. “C’est la plus grande place de marché du contenu qui était auparavant ‘off-line’ et qui est maintenant amenée en ligne“, surenchérit Jennifer Feikin, directrice de Google Video. L’expérience n’est pas nouvelle, des sites et services en ligne proposent déjà de la vidéo, et en particulier des films, en ligne. Mais ces offres n’ont pas réellement réussi à s’imposer, sans doute arrivées trop top sur un marché qui nécessite pour exploser de s’appuyer sur des technologies haut débit. En revanche, la donne a changé depuis septembre dernier et le lancement par Apple de la distribution payante de programmes télévisés ou de clips vidéo, proposés sur iTunes. 3.000 clips et 300 shows télévisés y sont déjà proposés à la vente. Mais l’approche d’Apple est très controversée par l’industrie, en particulier sa tarification unique et imposée, 99 cents pour télécharger un titre de musique, 1,99 dollar pour télécharger une vidéo. Le fournisseur fixe son prix, Google passe à la caisse C’est là qu’intervient l’originalité de l’offre de Google Video Store. Le moteur n’impose pas de prix et se contente de prélever 30% des revenus encaissés par les fournisseurs de contenu sur son service de téléchargement payant. Chez CBS, par exemple, une interview d’une émission célèbre sera mise en ligne le lendemain de son passage à l’antenne et sera gratuite durant 24 heures, puis payante au prix de 99 cents. Un épisode de la série CIS (Les Experts en France) sera proposé au prix de 1,99 dollar. Quant aux matchs de basket de la NBA, ils seront proposés le lendemain de l’évènement au prix de 3,95 dollars. Avec cette approche qui laisse l’éditeur de contenu libre de fixer son tarif, Google cherche à s’attirer la bienveillance de l’industrie et des médias. Une nouvelle controverse en vue : la protection des données En matière de protection des données, Google a développé sa propre technologie de protection contre la copie. Sans que pour autant le fournisseur de contenu ne soit contraint de l’adopter. En revanche, avec la protection de Google, l’utilisateur du lecteur vidéo du moteur devra être en ligne et se connecter au service pour lire les vidéo téléchargées. Par cette méthode contraignante, Google entend limiter le transfert des vidéos téléchargées sur des appareils mobiles. Un contrainte sérieuse, certes, mais encore une fois ce n’est pas une obligation pour les éditeurs. Comme nous l’avons vu, CBS par exemple proposera du contenu gratuit, même parfois sur des temps réduits. Le choix de cette méthode de protection est surprenant et certains journalistes n’ont pas manqué d’interpeller Larry Page, évoquant l’attitude “arrogante” de Google. Mais ce dernier s’est défendu en affirmant que les systèmes de protection contre la copie ne fonctionnement pas aussi bien que le sien ! Interrogation de courte durée si l’on observe le marché. Apple et Sony ont chacun développé leur propre système de protection. Et le reste du marché a majoritairement choisi d’adopter le système de Microsoft. La marge de man?uvre de Google est donc réduite, mais il lui restera à s’imposer auprès des géants de l’industrie et des fabricants d’appareils multimédia, Thomson, Creative ou Toshiba ! Google mise énormément sur sa notoriété et la gigantesque communauté des utilisateurs du moteur de recherche pour s’imposer sur le marché du téléchargement payant de vidéo. C’est un nouveau challenge qui s’ouvre à lui et qui s’annonce plutôt concurrentiel, puisqu’en plus de iTunes d’Apple, Yahoo! et Microsoft MSN affûtent eux aussi leurs armes. Google a en revanche ouvert une nouvelle voie en terme de revenus en adoptant enfin un modèle économique qui n’est lié ni à la recherche ni à la publicité en ligne. NB : Google Video Store sera compatible Windows pour les PC, mais pas Macintosh.


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