Grande école du numérique : où sont les femmes ?

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Le cap des 11 000 apprenants formés via le réseau Grande école du numérique est franchi. Parmi eux, seulement 24% de femmes.

Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, l’a annoncé le 28 juin dernier. Plus de 11 400 apprenants ont été formés ou sont en cours de formation via la Grande école du numérique. L’objectif des 10 000 personnes formées a donc été dépassé. Mais les femmes sont encore largement minoritaires et l’insertion professionnelle incertaine.

Initié en septembre 2015 sous la présidence Hollande, animé depuis 2016 par un groupement d’intérêt public (GIP), ce réseau rassemble aujourd’hui plus de 400 formations labellisées. Elles ont une durée moyenne de 7 mois et 45% sont certifiantes. C’est ce que révèlent les chiffres clés 2017 publiés par le GIP.

Autre enseignement : les formations sont portées par plusieurs structures partenaires, parmi lesquelles 44% d’associations, 34% de structures privées et 13% d’établissements publics. Elles peuvent être dispensées en présentiel (56% exclusivement) et en ligne.

Elle ont un objectif précis : favoriser l’insertion professionnelle des personnes éloignées de l’emploi (65% des apprenants). Dans ce cadre, le réseau forme majoritairement des jeunes (46% ont moins de 26 ans), sans toutefois délaisser les professionnels en reconversion (27,5% ont entre 31 et 49 ans), et s’ouvre à d’autres profils. Par ailleurs, l’accès à la formation est gratuite pour 77% des apprenants. Les principaux financeurs étant les Régions, Pôle emploi et les OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés).

Former aux métiers du numérique, les apprenants acquièrent ou mettent à niveau des compétences techniques à 66,9% (développement essentiellement). Les compétences marketing/commerciales (14,9%), celles orientées vers les données/contenus (7,4%) et la formation/RH (6,8%) viennent ensuite.

35% de contrats de travail post-formation

Pour l’État et ses partenaires, la Grande école du numérique « tient ses promesses ». Le dispositif étant considéré comme un moteur de dynamisme économique et d’inclusion. Pourtant, seules 24% des apprenants étaient des femmes en 2017.

Bercy observe, néanmoins, que cette proportion a progressé d’un quart par rapport à 2016. De surcroît, le réseau ambitionne d’accueillir au moins 30% de femmes parmi ses apprenants dans le cadre de l’appel à labellisation 2018… Ce taux serait supérieur à celui des femmes dans les métiers du numérique en France aujourd’hui (27,5%).

Il reste que l’insertion ou le retour à l’emploi après une formation via la Grande école du numérique ne va pas de soi. Le GIP, lui, juge 74% des sorties professionnelles « positives » pour ceux qui ont terminé leur première session de formation en 2017.

Or, seuls 35% ont décroché un contrat de travail à l’issue de leur formation. 23% à durée indéterminée (CDI) et 12% à durée déterminée (CDD). D’autres ont choisi de poursuivre leur formation (17%) et d’autres encore ont fait le choix du travail indépendant (8%), parmi différentes options.

On note enfin que 22% sont (à nouveau) demandeurs d’emploi après leur formation.

(crédit photo © Ollyy – Shutterstock)

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Auteur : Ariane Beky
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