HP a-t-il espionné les journalistes? Et pourquoi?

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Hewlett-Packard se serait octroyé tous les moyens disponibles pour connaître l’origine de fuites gênantes lors du limogeage de Carly Fiorina, l’ancienne p-dg

Un ‘HP-gate’ se profile-t-il à l’horizon? Le

Financial Times révèle que le géant de l’informatique aurait joué les espions en écoutant les conversations téléphoniques de certains de ses administrateurs tenues avec des journalistes.

Le groupe a reconnu que des détectives avaient été engagés pour tenter d’identifier l’origine de fuites sur des décisions du conseil d’administration l’an dernier.

HP a-t-il demandé aux détectives ces écoutes ou les enquêteurs ont-ils opéré de leur propre chef ? Le constructeur réfute la première accusation:

“Nous sommes absolument horrifiés que des enregistrements de journalistes aient été obtenus sans leur autorisation.”, a expliqué un porte-parole du groupe à la presse. En clair, le groupe reconnaît avoir initié l’enquête mais n’assume pas la responsabilité des méthodes employées…

En attendant, le parquet de l’Etat de Californie a ouvert une enquête sur ces méthodes illégales.

L’affaire remonte à 2005. A cette époque, Carly Fiorina, p-dg du groupe, est contesté par son conseil d’adminitration qui prépare son limogeage. La presse semble tenue au courant en temps réel d’informations confidenteilles. Des dirigeants de HP suspectent rapidement des fuites.

HP explique que des détectives, engagés en “sous-traitance”, ont tenté de remonter à la source de ces fuites. Ce qui a été fait.

Le groupe a ainsi annoncé que la source des fuites était l’un des administrateurs, George Keyworth, auquel le conseil a demandé sa démission. Keyworth a refusé d’obtempérer et un autre administrateur, Tom Perkins, a rendu son mandat en signe de protestation.

Ce dernier a ouvertement accusé le groupe d’avoir illégalement enregistré des conversations téléphoniques et intercepté des courriers électroniques et demandé l’ouverture d’une enquête fédérale.

Cet espionnage à grande échelle aurait été organisé par Patricia Dunn, présidente du conseil d’administration, qui est désormais sur un siège éjectable.

“Cela finira par mettre la pression sur quelqu’un, et probablement sur elle pour qu’elle démissionne du conseil”, juge ainsi Ralph D. Ward, rédacteur en chef de la lettre spécialisée en ligne Boardroom Insider, cité par Reuters.

Un porte-parole du groupe a assuré vendredi que Patricia Dunn n’avait pas l’intention de démissionner mais qu’elle le ferait si le conseil d’administration le lui demandait. Il a ajouté que la présidente ignorait tout des méthodes employées dans l’enquête interne. Faut-il la croire?


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