HP France: le grand marchandage

Régulations

Le groupe troquerait une renégociation des 35 heures contre l’allègement de son plan social

HP France joue-t-il au marchand de tapis ? Après des semaines de pression de la part de la classe politique, des syndicats et des médias, le constructeur envisagerait de revoir la copie de son plan social (1.240 postes supprimés en France, 25% des effectifs). Mais pas sans contre-parties.

L’idée est simple: renégocier l’accord sur le réduction du temps de travail à 35 heures afin de “minimiser”, c’est le terme utilisé par Patrick Starck, le patron de la filiale française, les réductions d’effectifs. Nous y voilà ! Cela fait longtemps qu’HP dit tout le bien qu’il pense des 35 heures. L’annonce d’un plan social massif n’a-t-il pas été le prétexte pour justement renégocier cet accord ? “L’accord sur les RTT est un désavantage compétitif. Par sa renégociation, nous serons à même d’ouvrir des postes. Je parle d’un nombre de postes significatif”, explique Philippe Starck au Figaro Economie. HP France est en position de force et a bien manoeuvré. Face à la levée de boucliers suscitée par l’annonce de son plan, peut-être surévalué, le constructeur s’est dégagé un bel espace pour entamer des négociations sur les 35 heures. Renégociations impossibles en temps normal. Évidemment, du côté des syndicats, on crie au scandale. “Cela relève plus de la discussion de marchand de tapis, du chantage social que d’une véritable négociation”, s’agace Didier Pasquini, porte-parole du syndicat CFE-CGC. Et d’ajouter: “Si la direction française a laissé croire à la direction américaine que les cadres français faisaient 35 heures, elle s’est tirée une balle dans le pied”. Le gouvernement de son côté est désormais dans une position délicate. S’il ouvre des négociations sur le temps de travail, il met le doigt dans un engrenage destructeur: il se mettra définitivement à dos les syndicats et ouvrira la porte aux demandes d’autres entreprises. S’il ferme la porte, HP aura les mains libres et les fougueuses déclarations de Dominique de Villepin seront restées lettre morte. Lisez notre DossierHP France : le feuilleton