HP France: les 35 heures bientôt à la trappe

Régulations

Mardi, le comité d’entreprise a entériné la dénonciation de l’accord sur les 35 heures afin de réduire l’ampleur du plan social. Une solution que les salariés ne comprennent pas. Selon eux, ils travaillent déjà au-delà de ce temps de travail

HP fait brûler ses batteries et a du mal à trouver un accord acceptable pour tous. Pourtant, d’après

“La Tribune” : “les conditions de l’ouverture de négociations chez le constructeur ne sont plus loin d’être réunies”. D’ici la semaine prochaine, les responsables syndicaux et la direction du groupe devraient se rencontrer, notamment pour évoquer la possibilité d’un allongement du temps de travail qui permettrait selon HP de limiter les licenciements. Pour les syndicalistes l’objectif à atteindre est : la limitation des suppressions d’emplois. Pour cela, ils souhaitent qu’HP respecte la moyenne européenne des licenciements qui est de 15 % (ndlr: contre 26% à l’heure actuelle). Si cette moyenne s’applique ; la restructuration annoncée dés le 19 juillet par le géant de l’informatique devrait passer de 1.240 postes à 720. Le grand marchandage Mais HP France ne souhaite pas remettre en question son plan social sans une contrepartie. Car cette affaire qui fait grand bruit en France ne semble pas empêcher la direction du groupe de garder l’esprit commerçant. Alors HP est-il un marchand de tapis ? Possible, quoi qu’il en soit, toucher au sacro-saint concept des 35 heures, est un risque que ne semble pas vraiment mesurer HP France. Car cet acquis social est semble-t-il passé à la trappe depuis longtemps, aux yeux des directions françaises et américaines. C’est du moins l’opinion de nombreux ingénieurs et cadres qui eux, ne comptent pas leurs heures. De plus, les 35 heures restent difficilement négociables dans l’Hexagone, comment dés lors expliquer que le gouvernement ne dénonce pas ce chantage. Le cavalier blanc De Villepin aurait-il égaré sa monture ? Comme le rappelle La Tribune, faute d’un accord, c’est le document signé par l’UIMM (Syndicats professionnels des entreprises de la métallurgie) qui s’appliquera. Avec pour conséquence une augmentation du nombre de jours de travail de 206 à 218 jours. Une idée qui plaît à Patrick Starck, le patron de la filiale française. Ce dernier n’a pas expliqué à la direction américaine que les Français ne travaillent pas que 35 heures. Il était peut-être plus simple de décrire le travailleur français comme un inflexible fainéant. Une idée fausse, qui est malheureusement répandue outre-Atlantique. Alors, lorsque ce dernier explique, sans rire, que l’augmentation du temps de travail “permettrait d’ouvrir un certain nombre de postes et donc de limiter l’ampleur du plan social”, on se dit que Patrick Starck mérite une promotion?au Costa Rica par exemple. D’autant que les salariés de Grenoble généraient un chiffre d’affaires par salarié de 1,7 million d’euros par an “l’un des plus importants en Europe” comme le précise dans ses colonnes le quotidien économique et financier. On est en droit de s’interroger sur le fondement de cette réflexion. Peut-être s’agit-il comme le suggèrent les syndicats d’une man?uvre pour laisser s’étouffer cette affaire très médiatique. Quoi qu’il en soit, il va tout de même falloir que la direction s’explique sur ce plan social massif alors que tous les indicateurs économiques de la société fanfaronnent, le bénéfice net du groupe est grimpé en flèche de 38,3% et le groupe va probablement rapatrier prés de 400 milliards de dollars aux États-Unis. Lisez notre DossierHP France : le feuilleton