HP pourrait s’emparer de Bull

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Les négociations seraient déjà bien avancées… Le géant américain
proposerait plus de 700 millions d’euros

La fringale d’HP semble insatiable. Après Mercury Interactive, Peregine Systems et Opsware, le géant américain aurait jeté son dévolu sur le français Bull. Selon le magazine Capital, les négociations seraient déjà bien avancées.

“Hewlett Packard, conseillé dans cette opération par la banque d’affaires Morgan Stanley et le cabinet d’avocats Freshfield, devrait déposer sa proposition de rachat début août”, peut-on lire sur le site internet du mensuel.

HP proposerait 720 millions d’euros, soit un cours de 7,5 euros par action Bull, ce qui représente une prime de 40% par rapport au cours moyen du groupe en juillet.

Ni Bull, ni HP ne souhaitent pour le moment commenter ces informations.

Cette acquisition aurait du sens pour HP qui multiplie les achats dans les systèmes d’infrastructures et dans les logiciels de BTO (Business Technology Optimisation).

Bull est en effet un acteur reconnu dans le domaine des serveurs, qui plus est sur l’architecture Itanium pour laquelle, à l’exemple de Tera10 au CEA, il a en particulier conçu de puissants supercalulateurs. Le mariage serait donc plus facile sur le plan technologique.

D’autre part, Bull est très présent dans l’infogérence, un domaine sur lequel HP tente de se renforcer en imposant ses solutions autour d’OpenView. Le fabricant s’est même construit une offre de premier plan dans les logiciels open source de supervision et d’administration.

Enfin, rappelons que Bull est historiquement un partenaire de premier plan sur le marché des administrations.

Il y a donc de toute évidence des complémentarités à jouer et un intérêt à l’acquisition éventuelle de Bull par HP. Sans oublier une probable volonté politique du gouvernement français, de se dégager d’une encombrante entreprise qu’il a longtemps tenu à bout de bras.

Comptant 7.200 salariés, l’entreprise française a enregistré un chiffre d’affaires 2006 de 1,15 milliard d’euros pour une perte nette de 17,1 millions d’euros.Son histoire a été particulièrement mouvementée. Dans les années 80, Bull est devenu un des premiers acteurs de l’informatique en France. En 1989, le groupe s’offre Zenith Data Systems, constructeur américain de PC, ce qui marquera le début de ses grandes difficultés.Incapable de grandir aux Etats-Unis, Bull au bord du gouffre a finalement engagé un virage important en se spécialisant dans les services. Ce qui lui a permis de sortir la tête de l’eau. En mai dernier, il annonçait un plan de recrutement : le premier en cinq ans ! Rappelons qu’en 1989, Bull comptait dans ses rangs pas moins de 47.000 personnes…

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