Huawei peu affecté par les révélations d’Edward Snowden

CloudSécurité
Eric Xu, CEO (pour 6 mois) de Huawei au Mobile Broadband Forum de Londres

Selon le CEO Eric Xu, le piratage des routeurs Huawei par la NSA n’a pas eu d’impact significatif sur les résultats financiers de l’entreprise.

A la fois « bon et mauvais ». C’est ainsi qu’Eric Xu, l’actuel CEO de Huawei, a qualifié l’impact que les révélations d’Edward Snowden sur l’espionnage massif de la NSA avaient eu sur les affaires du fournisseur chinois de solutions télécoms et réseau. Une déclaration faite dans le cadre d’une conférence donnée en direction des analystes depuis le siège social de l’entreprise à Shenzhen en début de semaine.

Relations partenaires complexifiées

Si la mise au jour des détails sur les méthodes de la NSA n’a pas porté à conséquence sur la croissance des activités de Huawei en 2013, les révélations publiées dans la presse aux fils des mois ont néanmoins affecté les relations avec ses clients opérateurs dans le monde, a reconnu Eric Xu. « Cela affecte notre communication avec nos partenaires et les parties prenantes. Et nous rend tout simplement le travail plus fastidieux. », a rapporté l’envoyé spécial du Guardian.

Longtemps soupçonné, aux Etats-Unis comme en France (lire Huawei et ZTE : une menace pour la sécurité américaine ?), d’intégrer des portes dérobées à la solde du gouvernement chinois, les routeurs et firewall de Huawei avaient été piratés par les services de la NSA, aux mêmes titre que ceux de Cisco et Juniper d’ailleurs. Autant d’intrusions qui permettaient potentiellement la prise de contrôle distant des matériels touchés et la surveillance des communications et données qui y transitent mettant en cause leur sécurité aux yeux des clients. Paradoxalement, l’affaire du piratage des routeurs a permis de blanchir Huawei sur les questions d’espionnage.

IBM impacté par la NSA

Les manœuvres de la NSA auraient même plutôt desservie les entreprises américaines en provoquant la perte de confiance des autorités chinoises appelant les entreprises nationales à limiter le recours aux produits et services nord-américains. IBM a par exemple annoncé la semaine dernière, et pour la troisième fois consécutive, un recul de 20% du chiffre d’affaires réalisé en Chine. Un taux largement supérieur aux 4% de recul annuel de Big Blue en moyenne sur le premier trimestre 2014.

De son côté, Huawei a présenté des résultats annuels records pour 2013, en hausse de 8,5% à 28 milliards d’euros. Huawei est considéré comme le deuxième équipementier télécoms du marché mondial derrière Ericsson et devant Nokia Solutions and Networks (NSN), Alcatel et ZTE alors même que les équipements réseaux de l’entreprise de Shenzhen sont interdits de séjour aux Etats-Unis.


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