Acquisitions : Huawei refroidi par la valorisation des sociétés IT

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Huawei laisse entendre que la poursuite de son développement passera désormais par des acquisitions. Mais les candidats aux rachats surestiment leur valeur.

Huawei, qui depuis 1987 a construit essentiellement de manière organique une activité annuelle générant plus de 39 milliards de dollars (en 2013), aurait-il des velléités d’acquisitions ? « Si nous n’acquérons pas des entreprises de taille modeste, nous ne serons pas en mesure de nous développer aussi bien », a concédé Yelai Zheng, responsable de la division produits IT de l’équipementier chinois, à nos confrères de The Register.

Des candidats trop chers

Mais, aux yeux du dirigeant, les compagnies sont aujourd’hui trop chères, particulièrement celles évoluant dans les solutions pour entreprises et logicielles. Selon lui, ces entreprises candidates aux rachats surestiment leur valeur et sous-estiment les coûts d’intégration dans une organisation plus grande. Le marché garde évidemment en mémoire l’acquisition record de WhatsApp par Facebook pour 19 milliards de dollars.

Yelai Zheng n’indique néanmoins pas les acteurs qui pourraient intéresser Huawei ni même les secteurs stratégiques. Cloud, mobilité, virtualisation, réseau… les domaines ne manquent pas. En septembre dernier, l’entreprise chinoise a déboursé l’équivalent de 25 millions de dollars pour acquérir Neul, une start-up spécialisée dans l’Internet des objets installée à Cambridge en Angleterre. Une opération visiblement plus poussée par l’expertise technologique de Neul que par ses capacités commerciales peu développées au moment du rachat.

La R&D en priorité

Huawei, qui dispose d’une trésorerie de 13,5 milliards de dollars (fin 2013), a pourtant les moyens de ses ambitions. Selon la presse britannique, le géant au plus de 150 000 employés dans le monde qui se développe sur les solutions pour les opérateurs, les entreprises et les terminaux mobiles, aurait l’intention d’investir environ 1,6 milliard d’euros rien qu’au Royaume-Uni dans les prochaines années. Et 1,5 milliard en France jusqu’en 2018. Pour le moment, Huawei semble avoir privilégié les investissements dans les centres de recherche, à Bristol (laboratoire de chipsets), Ipswitch (photonique), Sophia Antipolis (composants électroniques) après celui de Boulogne-Billancourt en avril dernier.

Huawei entend donc aujourd’hui poursuivre ses développements par acquisitions. Yelai Zheng exclut néanmoins l’idée de créer une division financière indépendante et dédiée à des investissements dans des jeunes pousses. L’entreprise entend se développer rapidement, notamment dans la 5G, le futur réseau mobile qui construira l’économie du secteur pour la prochaine décennie. Récemment, l’équipementier a investi 5 millions de livres sterling pour transformer le campus de l’université de Surrey en centre de test grandeur nature de la 5G.


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