Réseau On-Demand

Services télécoms : quand le Cloud ouvre de nouvelles voies d’exploitation

La fourniture de services télécoms est en train de changer en profondeur. Les offres ‘as a service’ et ‘on demand’ bénéficient d’un réel engouement, pour la voix comme pour la donnée. Et les accès vers les Cloud publics se sécurisent.

Les opérateurs télécoms se sont mis à l’heure du Cloud. Certains d’entre eux, ayant une expérience de services Centrex, transposent leurs services aux entreprises dans le Cloud, c’est à dire sur des plateformes virtualisées. Ces solutions peuvent être hébergées chez un prestataire. Elles peuvent être dédiées à une activité ou à un projet particulier.

L’avantage pour les clients est que la facturation s’aligne sur la consommation des ressources, sur le nombre de canaux loués, sur les appels à la minute (vers un fixe ou un mobile, France ou  étranger, etc.) C’est l’option des services ‘On demand’ payés à l’usage.

Beaucoup de prestataires télécoms investissent à la fois dans le Cloud et dans le Trunking SIP (connexions directes en voix sur IP), en se fournissant souvent auprès de grands opérateurs télécoms (comme l’offre VoIP Access Converged chez Colt).

Ces prestataires construisent parfois leurs propres datacenters afin de construire des offres de téléphonie et de visio hébergées (communication unifiée Cisco Spark, Microsoft Skype for Business, Alcatel OpenTouch…).

D’autres prestataires télécoms IP s’appuient sur des piles logicielles déjà industrialisées (comme l’offre BroadCloud par Broadsoft) pour proposer des services  à la demande notamment sur la boucle locale.

Les vertus de la virtualisation

En transformant leurs plateformes de services en architecture virtualisée et “cloudifiée”, les opérateurs découplent leurs plateformes logicielles et matérielles. Cette virtualisation leur permet d’intégrer des fonctionnalités dites VNF (Virtualized network functions).

Le Cloud permet également de piloter les commandes ‘Software Defined‘ pour le contrôle des ressources réseau de datacenters, le plus souvent via l’architecture logicielle standard OpenStack.

Ainsi, les opérateurs peuvent développer de réelles innovations dans les services. Ils en augmentent l’efficacité tout en migrant vers une facturation OpEx (operation expenditure), c’est à dire en mode locatif à l’usage.

Les applications de support et de maintenance profitent également de cette ‘cloudification’, d’autant plus que s’accélère l’intégration entre le Cloud et l’infrastructure traditionnelle IT (le ‘legacy’ existant).

Cela se traduit par la construction d’infrastructures ‘as a service‘ (IaaS) qui supportent à la fois les services de téléphonie, de communication unifiée et les applications informatiques, dont certaines tendent à se distribuer sous forme de conteneurs.

Accès sécurisés au Cloud public

En parallèle, les accès vers le Cloud public se généralisent. Mais beaucoup de responsables informatiques dans les entreprises ou les organisations s’inquiètent de la sécurité et de la fiabilité à partir de connexions Web via Internet. Les tunnels IPSec sur des liens « publics » ont leurs limites.

« Les entreprises expriment de plus en plus le besoin de liens privéscar elles ont besoin d’engagements sur des niveaux de qualité concrétisés par des SLA (service level agreements). Il faut donc apporter plus de sécurité et de prédictibilité dans la qualité de service », constate Grégoire de La Crouée, responsable de la ligne de Produit Ethernet chez Colt.

En clair, cela se traduit par le recours à des liens sécurisés en point à point, sur fibre optique. Beaucoup d’opérateurs proposent de telles infrastructures, et certains le proposent en service à la demande, c’est à dire que les clients réservent eux-mêmes le service en passant par le portail On demand de l’opérateur, et sans utiliser l’Internet public.

Il s’agit, par exemple, de réserver de la bande passante pour des transferts de données volumineux ou pour des utilisations momentanées de Voix sur IP ou de Skype Business, etc.

Par ailleurs, certains opérateurs se sont rapprochés des ‘majors’ du Cloud.  Ainsi, Colt a développé des partenariats avec Amazon Web Services (AWS) et Microsoft pour proposer des accès sécurisés à ses clients.

Vers AWS, Colt propose des services à la demande pour deux options Dedicated Cloud Access (DCA) :
– des connexions directes avec des ports dédiés (ou ‘Dedicated ports’) : l’opérateur doit fournir en parallèle la connexion physique au routeur AWS;
– des connexions hébergées (‘Hosted connections’), via une interface partagée existante avec AWS de type NNI, acronyme de network-to-network Interconnection).

Vers Microsoft, le service Dedicated Cloud Access de Colt permet de se connecter directement à la plateforme Cloud Azure via leur service ExpressRoute. Cette connectivité vers Azure repose sur des circuits doubles, et, là aussi, via des interfaces réseau partagées (NNI).

En outre, les entreprises souhaitent de plus en plus travailler en puisant dans des ressources ‘multi cloud’. Un autre défi attend les opérateurs : ils doivent être capables de mixer les ressources de différents fournisseurs Cloud.