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Comment mettre en œuvre une politique de Green IT

Ignorée pendant des années, la pollution informatique est aujourd’hui un fait avéré. De la fabrication au démantèlement, les équipements IT polluent et consomment des ressources naturelles. Quelques bonnes pratiques permettent de réduire l’impact environnemental.

Les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) sont polluantes. Du berceau à la tombe, les TIC participent à la pollution environnementale : réchauffement climatique, augmentation des gaz à effets de serre, pollution des eaux. Ainsi, constitués de substances chimiques toxiques tels les composés bromés, ces équipements ne polluent pas uniquement lors de leur phase de conception (étape la plus polluante), mais conduisent aussi à des pollutions importantes des sols, de l’eau et de l’air en fin de vie lorsqu’ils ne sont pas recyclés.

Carole Guiomar - HPEOutre la pollution, ces équipements, constitués de plomb, de nickel, de cadmium ou encore de terres rares, puisent dans les ressources naturelles de ces métaux et de ces matières et participent ainsi à leur épuisement. Enfin, l’industrie des TIC est consommatrice d’électricité et d’eau. « Il y a environ 5 ans, 2 % de la production d’électricité du monde était utilisée par les TIC. Aujourd’hui, plus de 4 % de la consommation mondiale d’électricité est utilisée par ces équipements. Elle devrait atteindre 10 % en 2025 », déclare Carole Guiomar, Responsable Environnement Europe du Sud chez HPE.

 

Conscientes de tous ces risques, les entreprises adoptent de plus en plus une attitude écoresponsable face à ces technologies. Dématérialisation, réduction de la consommation électrique grâce à des équipements plus économes, reconditionnement des machines, utilisation optimale du matériel ou encore mutualisation des appareils… Autant de leviers permettant de réduire son empreinte environnementale.

Toutefois, une politique Green IT dans une entreprise est non seulement une affaire de technologies, mais aussi de comportements. Points sur ces deux volets.

1 – Adopter une attitude Green IT

La première étape consiste à provoquer dans l’entreprise un changement de mentalité. « Il faut faire évoluer nos comportements, qui consistent à acheter un produit, à l’utiliser et à le jeter alors même qu’il est en plein état de fonctionnement. Il est vrai que les besoins / le nombre de données produites et traitées augmente de façon exponentielle et que nos équipements nous paraissent rapidement obsolètes, souligne Carole Guiomar. Mais un renouvellement n’est pas sans impact sur l’environnement, car chaque étape de la vie d’un produit est polluante : la fabrication, le fonctionnement et le démantèlement. C’est pourquoi le passage d’une économie linéaire à une économie circulaire est fondamental  : limiter le gaspillage en réutilisant les composants ou les matériaux pour tendre vers le zéro déchet. C’est dans cet état d’esprit que chez HPE nous privilégions la remise en état des équipements pour les remettre sur les marchés de seconde main à travers le monde », explique notre interlocutrice. Autre attitude green : louer ou payer à l’usage plutôt qu’acheter. Ainsi, faisant le choix d’utiliser des serveurs mutualisés et hébergés chez un prestataire plutôt que d’acquérir une machine supplémentaire, l’entreprise participe à cette économie circulaire.

La dématérialisation est également une attitude écoresponsable. Privilégier les documents électroniques plutôt que papiers réduit la pollution liée à l’impression et la déforestation. D’ailleurs, sensibilisées à cette pollution depuis de nombreuses années, les entreprises se sont déjà engagées dans la réduction du nombre d’imprimantes en consolidant les équipements individuels vers des imprimantes multifonctions paramétrées de façon à gérer au plus près le volume d’impression. Enfin, des gestes éco responsables, comme éteindre son ordinateur ou le paramétrer en mode économie d’énergie, réduisent la consommation électrique.

Toutes ces bonnes pratiques doivent être portées par l’entreprise dans le cadre de sa RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) et diffusées à l’ensemble du personnel. Ainsi, la DRH peut par exemple sensibiliser les employés aux problématiques environnementales en leur communiquant, notamment, la facture énergétique, organiser des challenges pour inciter les collaborateurs à proposer des projets innovants en matière de Green IT ou encore communiquer régulièrement sur quelques gestes simples à effectuer pour réduire l’empreinte environnementale. « Il est important d’impliquer les salariés dans une démarche écoresponsable, de renforcer leur adhésion à une société citoyenne… Il faut faire de la RSE un projet d’entreprise » affirme notre Responsable Environnement.

2 – Rendre le matériel plus vert

Accroitre l’efficience du matériel

Les machines ne sont jamais utilisées à 100 % de leur capacité et 100 % du temps. « Il n’est pas rare de voir des équipements en veille 23 heures par jour. De ces équipements, l’entreprise ne retire aucune valeur, alors même qu’ils consomment de l’électricité, polluent l’atmosphère et occupent de l’espace. La première priorité est donc de supprimer ou de réallouer ces serveurs sous-utilisés, » conseille notre experte.

L’entreprise doit donc faire un état des lieux de tous ses équipements, ordinateurs et serveurs, et les mutualiser avec d’autres services. Un serveur de messagerie peut, par exemple, parfaitement accueillir des fichiers. « Pour aider les entreprises dans cette démarche, il existe des solutions qui permettent de surveiller les niveaux d’utilisation des serveurs en temps réel et dans le temps, et d’effectuer les ajustements nécessaires pour mettre en veille certaines fonctionnalités et utiliser toutes leurs capacités disponibles. Ainsi, notre nouvelle offre serveurs HPE Synergy analyse la consommation d’énergie, les ressources infrastructure et stockage et permet d’optimiser les équipements tout en évitant d’inutiles coûts, consommations énergétiques et occupations d’espaces », poursuit-elle.

Réduire la consommation d’énergie

Accroitre l’efficacité énergétique d’un équipement signifie réduire la quantité d’énergie nécessaire aux fonctionnalités de calcul, de traitement, de stockage ou de connectivité d’un équipement. Aujourd’hui, plusieurs solutions sont disponibles sur le marché pour accroitre l’efficacité énergétique des équipements tout en augmentant leurs performances. « L’offre serveur HPE Moonshot est un système de serveurs à faible consommation d’énergie qui intègre la gestion de l’alimentation, du refroidissement, de la mise en réseau et du stockage. Il utilise jusqu’à 65 % moins d’énergie que les serveurs traditionnels, réduisant la consommation d’énergie et les émissions de carbone associées. Nos efforts en matière d’efficacité énergétique s’étendent également à nos produits de stockage et de mise en réseau avec notamment le logiciel HPE StoreVirtual qui, associé aux serveurs ProLiant G9, offre aux clients une économie de 60 % sur les coûts énergétiques et de 50 % sur l’occupation des sols. »

Par ailleurs, éteindre ou mettre en économie d’énergie un ordinateur de bureau constitue une source de réduction de consommation d’électricité non négligeable puisque, allumé en permanence, il peut consommer jusqu’à 200 euros d’électricité par an.

Vérifier l’empreinte environnementale des équipements

Les entreprises doivent également être vigilantes concernant l’empreinte environnementale de chaque équipement. Ainsi, elles doivent regarder sa consommation d’énergie, son efficacité énergétique, son taux de recyclage… La mesure de cette empreinte se fait via une évaluation globale et multicritère des impacts environnementaux. Cette ACV, ou Analyse du Cycle de Vie, recense et quantifie les impacts environnementaux tout au long de la vie des produits. « Certains fournisseurs d’équipements ne communiquent pas sur les empreintes carbone et eau de leurs produits. À ces fournisseurs il est donc préférable de choisir ceux qui affichent une totale transparence et qui, a priori, pratiquent des politiques environnementales plus abouties », indique Carole Guiomar.

Recycler le matériel

Que faire d’un équipement devenu inutile ? Toutes les entreprises se sont déjà posé cette question. Selon la vétusté du matériel, il sera soit démantelé et les composants réutilisés, soit remis en état, reconfiguré et revendu en seconde main. « Plus que le recyclage, nous encourageons les entreprises à remettre sur le marché leurs équipements », insiste Carole Guiomar. En 2015, 155.200 tonnes d’équipements et de fournitures informatiques ont été reprises par HPE, dont 73,5 % recyclés et 26,5 % réutilisés dans 73 pays.

Si le Green IT fut longtemps considéré comme une source de coût par les entreprises, aujourd’hui il est plutôt perçu comme une opportunité grâce à la réduction de la facture énergétique et à l’efficience des équipements. « Ces économies d’énergie et d’équipements permettent aux programmes d’efficacité informatique d’avoir des ROI de moins d’un an », affirme Carole Guiomar.