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L’Internet des Objets investit l’agriculture

Pour faire face à l’explosion démographique, les agriculteurs et éleveurs doivent accroitre leur production. Grâce aux objets connectés, les cultures sont mieux maitrisées et les troupeaux mieux surveillés.

Vaches connectées, drones, tracteurs connectés… le monde agricole se digitalise. « Si cette tendance est amorcée depuis quelque temps déjà chez les céréaliers et maraichers, elle investit aujourd’hui le secteur de l’élevage », note Nicolas Devos, Directeur Commercial de l’Agence IoT chez Open.

Pour lui cette évolution est la conjonction de plusieurs phénomènes : l’apparition de nouvelles technologies, l’explosion démographique et le dérèglement climatique. « Dans un contexte climatique de plus en plus incertain et difficile, et avec près de 7,5 milliards d’individus et 10 milliards prévus en 2050, l’agriculture doit considérablement accroitre sa production, explique-t-il. La digitalisation est l’un des moyens de répondre à ce challenge. » La FAO (Food and Agriculture Organization des Nations Unies) estime que la production agricole doit croitre de 70 % d’ici 2050.

L’IoT chez les céréaliers et les maraichers

Les céréaliers et maraichers utilisent largement depuis les années 2000 les images satellites pour superviser et monitorer leurs exploitations. Mais aujourd’hui les cultivateurs remplacent cette technologie par des drones afin de recueillir en temps réel des informations et des images plus précises pour analyser l’état de leurs exploitations : humidité de la terre, comportement des plantations, climat, etc.

Nicolas Devos, Open« Grâce à ces données, ils définissent précisément les lieux où appliquer tel ou tel engrais, insecticide, et évaluent le volume nécessaire d’arrosage. Il existe aussi des tracteurs connectés, et même autonomes, capables, en fonction des données reçues, de diffuser le bon produit à l’endroit exact du besoin » explique notre expert. Des capteurs déposés dans les fourrages permettent également de repérer un incendie ou, placés dans un système d’arrosage, d’identifier un éventuel dysfonctionnement.

 

L’IoT au service des élevages

Plus récemment, l’Internet des Objets a investi un nombre croissant d’élevages. « La vache est l’animal le plus connecté au monde », constate Nicolas Devos. Dotées de colliers enrichis de capteurs, les vaches délivrent des informations sur leur état et leurs comportements. « Un éleveur peut repérer une vache isolée, recueillir sa température corporelle et ainsi en déduire si elle est malade, si elle est en danger ou si elle est en gestation. Toutes ces données lui permettent de prendre rapidement des décisions, comme celle de pratiquer une insémination en cas de hausse de la température, ou l’isolement pour éviter ou réduire la contamination du troupeau, » ajoute-t-il.

Aujourd’hui d’autres techniques arrivent sur le marché comme l’insertion de capteurs sous la peau de l’animal ou dans le corps par ingestion. Ces dispositifs fournissent des données d’une extrême précision sur l’état physique des animaux et permettent d’identifier des maladies avant qu’elles ne se déclarent. « De telles technologies prémunissent ainsi les éleveurs contre les catastrophes économiques telles qu’ils en rencontrent régulièrement ces dernières années, comme la destruction massive d’élevages de canards et d’oies à l’automne dernier en prévention d’une épizootie de grippe aviaire », rappelle Nicolas Devos.

 

En se digitalisant, et grâce notamment à l’IoT, les agriculteurs et éleveurs ont une meilleure maitrise de leurs exploitations et de leurs troupeaux. Ils gagnent en prévention et en productivité, tout en répondant aux exigences de traçabilité du consommateur et du législateur.