Quantcast
PME : mesurez-vous aux plus grands !

Quel serveur pour le web ?

Site web institutionnel, portail métier ou site marchand, les opérations réalisées sur ces applicatifs sont différentes. Exposé à des contraintes diverses, chaque applicatif affiche des besoins spécifiques en matière de disponibilité, de capacité et de sécurité. Quels serveurs pour quels services ?

Aujourd’hui il existe pléthore de serveurs web : on premise, mutualisés, dédiés hébergés, chez un prestataire ou dans le Cloud public. Face à la diversité des offres, quelles solutions privilégier ?

Amaury Crenet, TVH Consulting Pour Amaury Crenet, Cloud et Infrastructure Manager chez TVH Consulting, le choix dépend de l’application. « Selon qu’il s’agit d’un site web institutionnel, d’un portail métier (RH, commercial, marketing, etc.), ou d’un site d’e-commerce les besoins en termes de performances et les contraintes sont différentes. Un site d’e-commerce, par exemple, nécessite une infrastructure capable d’absorber et de répondre rapidement à une montée en charge et à une grande capacité de transactions, là où un site institutionnel ne présente pas de grandes variations de connexions. Par ailleurs, là où un site d’e-commerce nécessite une infrastructure très sécurisée, car connectée au SI de l’entreprise, un site institutionnel ne requiert pas un haut niveau de sécurité pour peu qu’il soit indépendant du SI. »

 

Serveur mutualisé, dédié ou virtualisé : des caractéristiques différentes

Au regard de ces deux cas de figure, le choix du serveur sera donc différent. Dans le cas d’un site institutionnel, l’entreprise peut faire le choix d’un serveur on-premise, celui-ci ne nécessitant que quelques compétences d’administration pour maintenir la solution. « En revanche, un site d’e-commerce étant bien plus complexe à gérer, une PME a tout intérêt à confier sa gestion à un prestataire, conseille notre expert. Ce choix est financièrement avantageux, car il affranchit l’entreprise de l’achat de matériels et logiciels et de ressources humaines internes dédiées. »

L’entreprise peut faire le choix d’une solution hébergée chez un prestataire, le serveur pouvant être alors mutualisé ou dédié. Dans ce cas d’une mutualisation, Amaury Crenet insiste sur l’importance pour l’entreprise de vérifier la bonne étanchéité entre les comptes hébergés sur le même serveur, pour que ses données ne soient pas accessibles par un tiers. « Elle doit par exemple s’assurer que les données bancaires d’un client ne peuvent être utilisées par une autre entreprise », insiste-t-il.

Aussi, pour se prémunir contre ce type de risques, l’entreprise peut faire le choix d’un serveur dédié chez un prestataire. Là aussi plusieurs solutions s’offrent à elles : soit l’acquisition ou la location d’un serveur dédié et hébergé chez un hébergeur, soit la virtualisation des serveurs. « Dans ce dernier cas, l’entreprise loue auprès du prestataire de la capacité de calcul ou des ressources informatiques qu’elle adapte selon ses besoins. Ainsi, un site marchand peut demander à son prestataire d’accroitre la capacité et la disponibilité du service afin de répondre à la montée en charge du trafic. Un phénomène souvent rencontré au moment des fêtes comme Noël ou de certaines saisons selon la spécificité ou les actions marketing de l’entreprise. »

Vigilance sur les clauses du contrat avec le prestataire

Le choix d’un serveur hébergé (dédié, mutualisé ou virtualisé) contraint l’entreprise à déployer des infrastructures réseau performantes pour assurer en toute sécurité la liaison entre le site web hébergé et son SI. Notre expert insiste d’ailleurs sur l’importance de souscrire des contrats avec au moins deux opérateurs pour qu’en cas de défection d’un d’entre eux (câble sectionné ou cyberattaque) l’accessibilité du site ne soit jamais interrompue.

Enfin, dans ce type de contrat, l’entreprise doit être vigilante à ce que le prestataire s’engage bien sur la disponibilité du service et non sur celle du serveur. « Un service peut être interrompu suite à un dysfonctionnement alors que le serveur est en parfait état de marche. Mais un serveur qui fonctionne sans l’application est un site indisponible et donc une perte de revenus pour l’entreprise », explique Amaury Crenet.

Face à l’offre pléthorique des prestataires et au coût très compétitif du mode hébergé, il est préférable pour une PME dont le site est soumis à de grandes variations de connexions et de transactions d’opter pour des serveurs virtualisés lui permettant de gérer les ressources informatiques selon ses besoins et de maîtriser et transformer cet investissement informatique en dépenses d’exploitation (OPEX) plutôt qu’en dépenses d’investissement (CAPEX).