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PME : mesurez-vous aux plus grands !

Quels points pour évaluer le coût d’utilisation d’un Cloud privé managé ?

Les PME confient de plus en plus la gestion de leurs infrastructures techniques à des opérateurs de Cloud privé. Les offres de type IaaS comprennent les solutions réseau, des services de partage de fichiers, de virtualisation des postes de travail et des plateformes prêtes à l’emploi. Mais à quel prix ?

Le Cloud privé hébergé chez un prestataire affranchit les entreprises des achats de matériel et leur permet de consommer les ressources informatiques selon leurs besoins. Mais quels sont les éléments de coût liés à une stratégie de Cloud privé managé ?

  1. Coûts liés la solution

Luc Germain, DevoteamLa première étape consiste à définir le besoin de l’entreprise afin de choisir chez le prestataire, l’offre de services la mieux adaptée. « Pour les PME, il est préférable de débuter un contrat IaaS associé à des services managés par un projet centré sur un service précis plutôt que de se lancer dans un grand cadrage des besoins de toute l’entreprise, souligne Luc Germain, directeur Open Solutions chez Devoteam. Il est en effet moins risqué de s’initier à l’IaaS par un projet limité, d’en valider les usages et l’utilisation et de le développer ensuite à plus grande échelle si les résultats sont là. Car le principe du Cloud privé managé est de s’adapter aux besoins de l’entreprise. »

Les opérateurs de Cloud privé font reposer leurs services autour de trois grands types de plateformes IaaS : les offres autour de la solution Open source OpenStack (permettant d’offrir une grande diversité de services : IaaS, DBaaS, Big Data As a Service…) pour des coûts peu élevés, celles de VMware (reposant sur le socle de virtualisation de l’éditeur et restant sur une conception de résilience portée par l’infrastructure) et les infrastructures hyperconvergées disposant de services d’infrastructure très facilement déployables.

Toutes ces solutions s’installent rapidement et sont configurables en deux ou trois jours. Prêtes à l’emploi, elles ne requièrent de la part des collaborateurs internes à l’entreprise aucune notion d’administration de réseau ou de gestion du stockage, ces éléments étant automatiquement gérés par le logiciel de la solution et l’opérateur. Sur ces plateformes, faciles à appréhender, les directions métiers viennent déposer leurs propres solutions.

« Avec ce type d’offres, les directions métiers prennent la main sur l’installation des solutions. Elles ont donc toute latitude pour tester des services hors production sans en informer la DSI. Si le test n’est pas concluant, elles doivent désactiver la solution. Or, il est courant de voir sur les plateformes, des solutions inutilisées. Une attitude préjudiciable à deux niveaux : non seulement c’est une source de coûts pour l’entreprise qui continue de payer le service à l’opérateur, mais c’est aussi une source de risques financiers, l’entreprise étant redevable à l’éditeur. En cas de contrôle, l’entreprise devra payer pour une licence inutilisée. Pour éviter ce genre de situation, il est pertinent de souscrire des outils de reporting et un service de contrôle régulier d’utilisation de licences », conseille Luc Germain. Ce service constitue donc une source de coûts pour l’entreprise.

  1. Coûts liés à la maintenance

L’opérateur de Cloud fournit différents niveaux de maintenance : des infrastructures aux applications au travers de services d’infogérance. De son côté, l’opérateur de Cloud à une obsession : gérer de façon optimale l’utilisation de ses ressources. Pour cela il mesure en permanence l’activité de l’ensemble de ses serveurs et met tout en œuvre pour afficher à chaque instant une utilisation de maximale des infrastructures et des services.

Les opérateurs de Cloud proposent deux types de contrats : les forfaitaires et ceux liés à l’utilisation des services. Les contrats forfaitaires sont mensualisés et révisables en fonction de l’évolution des services souscrits, alors que les contrats liés à l’utilisation des services peuvent intégrer de nombreux paramètres comme la puissance utilisée (CPU, fréquence, mémoire), la bande passante employée, les volumes de données échangés, le nombre d’accès externes, le type de niveaux de services…

En faisant le choix d’un forfait, l’entreprise à une plus grande prédictibilité du coût du service. Mais, si elle surestime la demande des ressources informatiques, le coût est supérieur à son besoin. L’entreprise doit donc être vigilante et contrôler, via le reporting délivré chaque mois par l’opérateur, son niveau de consommation. Quant au contrat lié à l’utilisation des services, la complexité des paramètres intégrés dans le contrat nécessite de disposer en interne de compétences pour lire les mesures.

  1. Coûts liés au réseau

La démarche de l’externalisation dans un Cloud privé s’accompagne généralement de l’ouverture des applicatifs de l’entreprise à ses fournisseurs, clients et collaborateurs en situation de mobilité. Cette ouverture oblige l’entreprise à souscrire à un ensemble de services de sécurisation de son Cloud Privé et de ses infrastructures existantes auprès de son opérateur afin de supporter toutes ces nouvelles connexions, de sécuriser les différents modes d’accès et les flux de données.

  1. Coûts liés à formation et à la conduite du changement

Déployer des solutions prêtes à l’emploi dans un Cloud privé impacte les pratiques de la DSI et des métiers. « Cette stratégie nécessite de présenter à tous les collaborateurs, les plateformes, les modes de connexion et de consommation des services mis à leur disposition dans le Cloud. Il est également conseillé d’accompagner les directions métiers et les différents membres de la DSI sur les bonnes pratiques pour déployer les solutions afin d’éviter, notamment, de laisser des licences inutilisées sur les serveurs » insiste Luc Germain.

Enfin, les processus du Cloud privé managé peuvent entrer en collision avec les processus d’entreprise. Il est donc important de les revoir et d’adapter les logiciels qui supportent ces processus. Formation, conduite du changement, adaptation des logiciels, sont autant de centres de coûts à intégrer dans le déploiement d’une stratégie de Cloud privé.

Au regard des coûts liés et maitrisés d’un Cloud privé et de son impact sur l’organisation de l’entreprise, les PME ont tout intérêt à s’engager de façon progressive pour se familiariser avec les outils, les contrats et les pratiques. En cas de succès, une telle stratégie pourra alors s’étendre à d’autres solutions ou à un projet de plus grande envergure.