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Réversibilité : gare au SaaS !

L’utilisation d’offres SaaS est devenue très commune au sein des entreprises. Pratiques et d’accès facile, ces solutions Cloud sur étagère plaisent aux équipes métiers. La réversibilité est toutefois un élément à ne pas négliger.

Les offres en mode SaaS, Software as a Service, sont devenues un des piliers du Cloud public. Directement accessibles sur Internet, en général sur abonnement, sans coût initial d’acquisition, sans installation et sans maintenance, elles semblent idéales.

Elles sont pourtant le cauchemar des DSI. Pourquoi ? Justement du fait de leur simplicité d’accès. Les équipes métiers tendent ainsi à les adopter sans en avertir la DSI. C’est le fameux Shadow IT, cette informatique qui passe sous le radar des personnes chargées de structurer le SI de l’entreprise.

Mais après tout, où est le mal ? Si les équipes métiers adoptent une solution SaaS et qu’elle s’avère efficace, la DSI pourra par la suite l’adopter elle aussi et l’intégrer aux applicatifs existants (ou pas, si cela n’est pas requis). Sauf que les métiers ne sont pas en mesure de mesurer les risques encourus en cas d’arrêt de l’utilisation d’une solution SaaS. Un œil averti est ici nécessaire.

Réversibilité : compatibilité

Équipes métiers : si le terme de réversibilité ne vous parle pas, n’adoptez pas de solution SaaS ! La réversibilité est la possibilité de revenir en arrière. Ici, de pouvoir basculer vers une autre solution, tout en récupérant les données issues de celle utilisée précédemment.

C’est un problème qui n’est pas neuf. Certains se sont ainsi rendu compte que le passage d’un outil de messagerie vers un autre pouvait se traduire par la perte partielle de leurs données. Dans quelques rares cas, les équipes métiers ont même perdu l’accès à des dossiers complets de documents. Par exemple lorsque Publisher a disparu de certaines éditions d’Office. Impossible alors de lire les fichiers .PUB.

Ce problème peut rapidement devenir insoluble. Les solutions SaaS de base, comme les webmails, ne proposent souvent aucune passerelle avancée pour récupérer ses données, mails comme contacts. Parfois, la DSI peut aider à résoudre le problème à coup d’import Imap et d’extraction de carnets d’adresses. Des opérations longues et au résultat non garanti.

Réversibilité : volumétrie

Mais il y a un autre souci lié à la réversibilité, plus pernicieux : le volume de données stockées en mode SaaS. Pour les boites aux lettres d’un webmail, la volumétrie est rarement un problème. Mais pour de l’analytique, cela peut devenir rapidement très compliqué. Lorsque des téraoctets de données sont stockés en mode SaaS, passer à une autre solution, sur site ou en mode Cloud, nécessite de récupérer l’ensemble des informations stockées. Une opération qui peut prendre plusieurs jours.

Pendant cette période, l’activité que gérait la solution (par exemple de l’analytique sur des usages clients) ne peut plus être assurée. Et les coûts peuvent aussi exploser, certains opérateurs de Cloud facturant la bande passante sortante.

Parfois, le coût et le temps nécessaires pour récupérer les données rendent cette opération impossible. Les vendeurs de Cloud les plus sérieux proposent fort heureusement des solutions de transfert de données en masse, par exemple via l’envoi d’un disque dur par transporteur. Mais pas tous. Il est donc plus que jamais prudent de demander l’avis du service informatique avant toute adoption de solution SaaS. La DSI saura évaluer les risques potentiels. Et il est même probable qu’elle pourra vous proposer une alternative SaaS, ou sur site, plus efficace que celle que vous aviez ciblée. Car après tout, l’informatique, c’est son métier.

David Feugey, ex-rédacteur en chef de Silicon.fr