IBM annonce des ‘petits’ mainframes…

Régulations

Ce 27 avril, Big Blue a annoncé des systèmes centraux ou ‘mainframes’ d’entrée de gamme à partir de 100.000 dollars, et baptisés z9 Business Class

Visant les sites distants, ou les PMI/PME, ces systèmes apporteront la robustesse et la sécurité de grands ordinateurs centraux, mais à des tarifs divisés par trois ! Ainsi, le prix du modèle z9 Business Class débutera à 100.000 dollars, contre 250.000 dollars pour le plus petits modèles des mainframes actuels.

C’est un tournant pour IBM qui tient à maintenir ses gammes d’ordinateurs centraux, introduits il y a… 40 ans. Techniquement, IBM va doter son mainframe System z9 Business Class d’un nouveau chip (jeu de composants) zIIP (z9 Integration Information Processor) pour consolider les transactions dans le mainframe. Et il le positionne en concurrent direct des serveurs Unix et des clusters de serveurs x86, en annonçant un meilleur taux d’utilisation, de sécurité et de fiabilité. La sortie de la gamme junior des mainframes d’IBM est aussi stratégique pour la marge du constructeur, même si, avec l’émergence des services, cette division n’a plus l’importance qu’elle a pu avoir pendant plusieurs décades ! En effet, les mainframes ont toujours été une source substantielle de profits pour IBM, et le risque pris par le constructeur en développant des produits d’entrée de gamme est limité car sa technologie est depuis longtemps amortie. C’est aussi l’occasion pour Big Blue de proposer une alternative qui se veut puissante et sécurisée dans des domaines depuis longtemps investis par les serveurs, comme les plates-formes logiciels ou les services, qui sont gourmands en ressources. Il faut aussi replacer l’annonce dans le cadre des évolutions de l’infrastructure informatique, en particulier au sein des institutions financières et des agences gouvernementales, avec un renforcement des pôles départementaux ou intermédiaires, de plus en plus gourmands en capacités de traitement. Il est peu probable en effet que les petites entreprises trouvent un intérêt dans des systèmes qui ont la réputation d’être lourds et coûteux, et nécessitent des compétences spécialisées, même si la stratégie tarifaire d’IBM est agressive? A l’inverse, les services informatiques qui restent fidèles à IBM pourront y trouver un intérêt, dans leur stratégie de déploiement et de contrôle de leurs plates-formes. Ce sera d’autant plus facile que depuis quelques années, IBM a complété son offre en intégrant sur ses mainframes le système d’exploitation Linux et de populaires applications basées sur le Web et la technologie Java. Il reste à savoir quel accueil lui réservera le marché. Favorable, très probablement, chez les clients tenus par IBM. Plus difficile, sans doute, sur les couches plus basses des entreprises : elles ont déjà pris goût aux serveurs qui ne cessent de monter en puissance, et qui porteront un regard critique sur des technologies pouvant paraître relever de la préhistoire de l’informatique.


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