IBM brandit la puissance du Power 7 pour défier Sun/Oracle et HP

Réseaux

Performance et force brute, optimisations intégrées des threads et de la mémoire, le dernier processeur IBM équipe quatre nouveaux serveurs d’entreprises. IBM compte bien faire migrer les entreprises vers ses nouvelles plates-formes.

Après le Power 4 et ses partitions logiques dynamiques (LPar) fin 2001, le Power 5 et le micropartionning en 2004, le Power 6 et sa technologie de virtualisation Power VM, IBM annonce son nouveau processeur Power 7, et l’arrivée de 4 nouveaux serveurs Power System.

La stratégie ‘Integration by design’

« Le monde de l’informatique évolue et les liens deviennent chaque jour plus étroits entre les processeurs et les applications. Aujourd’hui, inutile de relever manuellement les compteurs EDF par périodes de plusieurs mois, les capteurs envoient eux-mêmes cette information toutes les dix minutes. Avec le Power 7, l’intimité n’a jamais été aussi poussée entre le processeur et l’infrastructure et jusqu’à l’applicatif », lance Michel Tesseydre, directeur Power chez IBM France.

Avec la demande croissante d’analyse du risque ou d’applications en temps réel, IBM explique que les utilisateurs attendent des performances massives, et y répond par son approche « integration by Design ». Des services intégrés sont fournis sous de multiples formes (services managés, outsourcing, cloud ou systèmes s’exploitation), des logiciels intégrés sont plus facilement gérés grâce aux infrastructures virtualisées, et les systèmes d’exploitation intègrent des fonctions permettant d’optimiser les traitements, de répartir les charges et de mieux gérer la consommation énergétique. En outre, « détenir le leadership est une condition nécessaire, mais plus suffisante. Nous devons choisir une approche selon les points de vue du client, et l’optimisation des ressources selon le besoin.Fini le temps d’une application par serveur ! Cependant, nous conservons la notion d’appliance, associée aussi à celles de clusters ou de machines virtuelles », souligne Michel Tesseydre.

Une puce qui fait des bonds

Le processeur Power 7 affiche effectivement des caractéristiques intéressantes : 4, 6 ou 8 cœurs par socket; une fréquence d’horloge de 3.0 à 4.14 GHz et jusqu’à 4 threads par cœur ! Une puissance encore dopée par un cache L3 eDRAM intégré (32 Mo). « Avec 1,2 milliard de transistors sur le chip, le Power 7 multiplie par quatre les performances avec jusqu’à 32 threads (soit 8 fois plus). Par ailleurs, il multiplie par quatre l’efficience énergétique !», précise Michel Tesseydre. À l’heure où les datacenters multiplient la force brute, et donc la consommation, l’argument devrait peser dans la balance… pour la préservation de l’environnement, au tout du moins pour la facture électrique annuelle.

De multiples technologies contribuent encore à l’innovation et aux performances, en permettant des optimisations intelligentes à plusieurs niveaux : TurboCore (optimisation des cœurs), Maxcore (parallélisation et haute capacité), activation/désactivation de threadset ajustement de l’énergie selon les besoins, Active Memory Expansion (compression intelligente à la volée- Power VM). « Tout cela étant intégré fonctionne quels que soient l’application et le système d’exploitation (à partir d’AIX 5.3) », ajoute Michel Tesseydre.

Quatre serveurs dopés au Power 7

Positionnés sur la gamme des serveurs dits d’Entreprise (parfois appelés midrange ou serveurs applicatifs Unix), les quatre nouveaux modèles Power System sont conçus autour du Power7.

– En « entrée de gamme » (ou catégorie intermédiaire), le Power 750 Express (labellisé Energy Star) regroupe 4 sockets dans un châssis 4U avec 6 ou 8 cœurs chacun, le tout cadencé de 3 à 3,55 GHz.

Les modèles Power 750 à 6 cores 3,3 GHz (PowerVM Enterprise + Aix 6.1) sont respectivement proposés à 53 582,44 euros HT en 32 Go de mémoire et 57 832,32 euros en 64 Go.

– Le Power 755 est destiné au marché HPC (calcul haute performance); il affiche 32 cœurs par socket à 3,3 GHz.

Les modèle 32 coeurs du p755 HPC (3,3GHz – 256Go – Aix 6.1) s’élèvent à 137 509,37 euros.

– Le Power 770 (successeur du 570) propose jusqu’à 4 nœuds en cluster (Numa SMP) par système avec 12 ou 16 cœurs chacun (3,1 à 3,5 GHz) et jusqu’à 2 To de mémoire par nœud.

Les p770 (12 cores à 3,5 GHz dont 4 activés, 32 Go de mémoire) et p780 (16 cores à 3,86 GHz dont 4 activés, 32Go) sont respectivement proposés 131 176,03 et 221 463,30 euros.

-Le Power 780 peut atteindre 64 cœurs pour 3,86 à 4,14 GHz !

Disponibles sous AIX 6.1, System i (ex OS/400) et Linux, les premiers modèles seront disponibles ce 19 février et les autres vers fin mars 2010.

Une version AIX 7 devrait arriver avant fin 2010.

Récupérer les clients Sun et HP

Dans la guerre ouverte que se livrent les acteurs du segment serveurs d’entreprises, IBM compte bien séduire les entreprises avec ces nouveaux serveurs. On se souvient de la provocation de Sun/Oracle en 2009 qui offrait un million de dollars à qui pourrait démontrer qu’Oracle sous Exadata V2 (Sun) n’est pas deux fois plus rapide que la meilleure plate-forme IBM. En quelque sorte, ce dernier réplique par en annonçant des chiffres sur la gamme Entreprise. « Nous souhaitons aider nos clients à migrer de leurs serveurs Sun et HP vers IBM. C’est pourquoi nous leur proposons un programme d’accompagnement spécifique, la Migration Factory, auquel 2 100 entreprises ont déjà eu recours, dont 500 en 2009 (23 en France), et pour 90 % depuis des machines Sun ou HP », se réjouit Michel Tesseydre. Qui a dit que la hache de guerre était enterrée sur le marché des serveurs Unix?La nouvelle famille des serveurs IBM Power7.” class=”aligncenter” />


Auteur : José Diz
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