IBM France va revendre JD Edwards et e-Business Suite pour Oracle

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Rivaux sur les bases de données et les architectures applicatives, Oracle France et IBM France signent néanmoins un accord de partenariat : IBM revendra les solutions JD Edwards et e-Business suite d’Oracle, dérogation inédite de l’éditeur à son modèle de vente.

Une initiative pour l’instant exclusivement française. Les budgets des grands comptes étant revus à la baisse, les longs efforts en avant-vente produisent parfois moins d’effets. C’est pourquoi il semble logique de se tourner vers cette clientèle plus large, en pleine consolidation informatique ou en renouvellement d’équipement. Sur ce segment, le cycle de vente se révèle plus court, et le rapport effort/rentabilité souvent plus avantageux. «Nous ciblons les entreprises de 800 à 2.000 employés », précisent à l’unisson Philippe Segretain, vice-président Applications chez Oracle, et Cosme de Moucheron, vice-président de la division PME/PMI et solutions d’entreprises chez IBM. Cette position sur le haut du ?mid-market? se justifie par l’investissement sur des solutions ERP, à portée de bourse d’entreprises multisites ou internationales. Néanmoins, ces PME affichent de fortes exigences : des solutions métiers, une relation de proximité, et une réelle valeur ajoutée. On est en droit de se demander ce qu’attendent les autres? Chacun garnit la corbeille «Les PME/PMI réclament des solutions adaptées et cohérentes aussi bien en termes d’infrastructure que de matériel ou de logiciel. Une expérience dont nous bénéficions avec nos gammes Express depuis plusieurs années », avance Cosme de Moucheron. Et IBM apporte surtout sa présence sur 7 territoires et 150 agences (et 400 personnes) en région, ainsi qu’un réseau de 3000 partenaires. Mais quelle contribution apporte donc Oracle dans la corbeille ? «L’accord porte sur 7 secteurs. Or, JD Edwards a déjà fait ses preuves dans la grande consommation, l’agroalimentaire, le commerce de gros, le bois-papier-meuble, et les transports. Tandis qu’e-Business Suite est très présent dans l’assurance ou le service aux entreprises », répond Philippe Segretain. On comprend alors qu’en proposant ces produits, IBM répond à la demande de proximité avec des solutions métier en apportant sa valeur de conseil et de terrain. Tout va-t-il pour le mieux dans des mondes des deux éditeurs unis pour le meilleur ? Que nenni ! Pas question de céder une once sur le reste. En effet, les revendeurs et consultants IBM pousseront clairement les produits maison Websphere et DB2. D’ailleurs, «ce type d’accord sera très limité, et n’est pas exclusif », ajoute même Philippe Segretain. SAP en embuscade ? Le périmètre de l’accord semble donc clair. Toutefois, SAP devrait y regarder de plus près. En effet, IBM a également passé un accord avec l’éditeur allemand. Et ce, même si Cosme de Moucheron relativise : « Les segments de marché sont complémentaires et les recoupements devraient être limités.» Il n’en reste pas moins que la base de données et la plate-forme OAS d’Oracle sont très présentes chez toutes les PME, petites, moyennes ou grandes. Et ces entreprises aiment les solutions cohérentes !


Auteur : José Diz
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