Internet : l’Icann vote pour une gouvernance mondialisée

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Le président de l’Icann, Fadi Chehadé, veut faire du gestionnaire technique d’Internet une société internationale et atteindre un consensus sur un modèle de gouvernance globale lors de la conférence Netmundial des 23 et 24 avril à São Paulo, Brésil.

Lors d’une visite en France pour le lancement de l’extension « .paris » la semaine dernière, Fadi Chehadé, président de l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), a assuré que l’internationalisation de l’organisation est en marche. Son conseil d’administration ayant voté pour « un plan de globalisation » qui doit être examiné par les parties prenantes, dont les États-Unis. Ces derniers pilotent actuellement la gestion technique du réseau mondial, mais seraient prêts à accepter certaines des revendications de leurs partenaires, de l’Union européenne au Brésil, relatives à la gouvernance mondialisée d’Internet.

L’Icann va devenir une société internationale

« Je pense que les États-Unis vont transmettre leur rôle d’intendant d’Internet à l’ensemble du monde. Et l’Icann devra évoluer, passer d’une société californienne à une société internationale, peut-être basée à Genève », a expliqué Fadi Chehadé aux Échos. Comme l’Union européenne, l’Icann semble donc favorable à une gouvernance multipartite d’Internet (lire : Gouvernance : L’Europe ne veut plus d’un Internet piloté par les États-Unis.)

Cette « troisième voie » s’oppose à l’extension des prérogatives des Nations Unies au réseau mondial, comme aux velléités de fragmentation d’Internet par des gouvernements, dont ceux de la Chine et de la Russie. La conférence Netmundial organisée au Brésil les 23 et 24 avril prochains sera l’occasion d’en débattre.

« C’est la première conférence sur la gouvernance mondiale d’Internet qui ne soit pas organisée par l’ONU. Je salue la vision de la présidente brésilienne Dilma Rousseff qui a souhaité discuter avec toutes les parties prenantes », a indiqué à l’AFP le président libano-egypto-américain de l’Icann. « On espère atteindre un consensus sur un modèle global de gouvernance s’inspirant de ce que l’on fait sur le plan technique aujourd’hui », mais en l’étendant à d’autres domaines (cybercriminalité, spam…) via « un réseau d’institutions ».

La gouvernance, a insisté Fadi Chehadé, doit s’inspirer de ce qu’est Internet : ouvert, participatif, légitime et efficace.


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Auteur : Ariane Beky
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