Ikoula se voit en moteur auxiliaire d’Amazon Web Services

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Pour la majorité des applications, un cloud hyper-industriel. Pour les besoins particulier, un Cloud capable de faire du sur-mesure, avec des SLA cousus main. C’est sur ce second créneau qu’entend se positionner l’hébergeur Ikoula.

15 ans après sa création, l’hébergeur Ikoula, un pionnier du Cloud avec le lancement de la VM à 1 euros dès 2010, cherche son avenir dans une certaine complémentarité avec les grands industriels du Cloud, Amazon Web Services en tête. « Le problème d’AWS, c’est qu’il ne propose qu’un support unique, qu’une maintenance unique. Nous avons choisi de nous positionner en profitant des limites des modèles hyper-mutualisés, hyper-industrialisés », explique , le Pdg de cette société qui a réalisé plus de 6 millions d’euros sur son dernier exercice, clos fin mars dernier.

Une vision qui a poussé Ikoula à lancer en mars dernier une offre de Cloud privé basée sur CloudStack, un framework Open Source que Citrix a cédé à la fondation Apache en 2012. « L’API CloudStack est, dans 98 % des cas, compatible avec celle de AWS. C’était donc la technologie idéale pour proposer des offres complémentaires », assure le Pdg.

L’hébergeur de Reims, où Ikoula possède son propre datacenter (1 700 mètres carrés répartis sur plusieurs salles), propose ainsi à ses clients la gestion de leurs SLA, des options de maîtrise budgétaire (par exemple en capant l’enveloppe mensuelle) ou de gestion de la bande passante. « De plus en plus d’entreprises génèrent du chiffre d’affaires avec leurs applications Web. Nous sommes donc persuadés que le marché va vers des contrats avec des engagements très forts sur les niveaux de service. A côté de leur cloud hyper-industrialisé, AWS ou autre, les entreprises ont besoin d’un autre type de prestataires pour leurs infrastructures stratégiques, un prestataire capable de s’engager sur des SLA précis », analyse Jules Henri Gavetti. Sur ses offres CloudStack, Ikoula assure avoir déjà mené environ 700 projets en tests (Proof of concept), déployé une centaine d’instances et une quinzaine de serveurs dédiés.

Financer le plan de développement européen

C’est ce modèle que l’hébergeur compte dupliquer dans d’autres pays d’Europe, afin d’accompagner les besoins des entreprises françaises ayant des activités sur place. « Nous prévoyons de déployer des micro-infrastructures en Europe, dans des datacenters que nous louerons. Pour l’instant, nous visons trois pays d’ici à la fin de l’année : l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne », détaille le Pdg.

La société réalise déjà 65 % de son chiffre d’affaires dans les services (infogérance, contrats avec forts engagements de SLA, administration de bases de données…). « Comme à Reims, où nous possédons des salles indépendantes qui nous ont permis de mettre en place des solutions offrant de la redondance, nous visons des micro-infrastructures afin de répartir les risques ».

Reste que, selon les chiffres donnés par Jules Henri Gavetti, ce plan de déploiement en Europe coûte 2 millions d’euros. « Soit deux ans de budget sans aucun revenu en face », l’hypothèse sur laquelle ont travaillé les dirigeants de la société. Beaucoup pour une entreprise qui réalise un excédent brut d’exploitation d’environ un million d’euros. « Nous nous déploierons donc en Europe petit à petit », remarque le Pdg.

A moins que la société, dont le capital est toujours contrôlé à 100 % par ses deux co-fondateurs, ne choisisse d’accélérer en faisant rentrer des capitaux frais. « En la matière, nous attendons la bonne rencontre », note Jules Henri Gavetti.


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