Inde: scandale public sur les licences de téléphonie mobile

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Après les révélations sur l’attribution au rabais des licences en téléphonie mobile en 2008, par l’ancien ministre des Télécoms, le premier ministre Manmohan Singh est confronté à un scandale sans précédent. Des petits arrangements auraient fait perdre entre 14 et 28 milliards d’euros de recettes à l’Etat indien

L’affaire pourrait prendre une dimension encore plus considérable – comme le laisse entendre une correspondance du quotidien Les Echos, de ce 21 février. L’ancien ministre des Télécoms Andimuthu Raja et deux de ses collaborateurs ont été mis en prison il y a quelques jours. Les principaux dirigeants des opérateurs téléphoniques en Inde ont été interrogés dans les locaux du Central Bureau of Investigation (CBI). En cause: les conditions d’attribution des licences de téléphonie mobile en 2008.

Anil Ambani, classé au 36è rang des plus grandes fortunes mondiales et dirigeant de Reliance Communication, l’un des principaux opérateurs du pays et Prashant Ruia, directeur d’Essar, partenaire de Vodafone dans Vodafone Essar (3ème opérateur du pays), ainsi que d’autres grands patrons seraient également impliqués dans ce scandale public.

En 2008, l’attribution des licences 2G en Inde était sous la responsabilité de l’ex-ministre Andimuthu Raja. Mais des arrangements secrets auraient été engagés dès 2001 visant à statuer sur un prix dérisoire, accordé à des opérateurs d’ailleurs non éligibles -comme le précise Lemonde.fr- , avant que le marché des télécoms ne commence à exploser. Les opérateurs se seraient ainsi massivement enrichis. La chaine de télévision, le DMK, qui soutient le parti de l’ancien ministre des télécoms,  aurait perçu plusieurs dizaines de millions de dollars d’un opérateur bénéficiaire d’une des licences attribuées.

Selon les premières estimations de la Cour des comptes en Inde, cette affaire aurait fait perdre entre 14 et 28 milliards d’euros de recettes à l’Etat indien.
Première conséquence: le gouvernement vient de rompre un accord sur l’attribution de fréquences satellites. Cet accord n’aurait fait l’objet d’aucun appel d’offres.

Par ailleurs, le gouvernement a également été obligé, après plusieurs mois de refus, d’accepter la création d’une commission d’enquête.
Le premier ministre, qui jouissait jusque là d’une bonne réputation, est accusé d’avoir fermé les yeux sur cette affaire pour des raisons politiques. Son parti se trouve ainsi confronté à un nouveau scandale après les soupçons de corruption – évoqués par l’AFP – qui ont entaché l’attribution des Jeux du Commonwealth à l’Inde en octobre dernier.

Depuis le début des révélations sur cette affaire -constate le quotidien Les Echos-, les actions des entreprises concernées n’ont cessé de chuter: entre -5 et -8%,  à la bourse de Bombay.


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