Infogrames: P. Leleu, nouveau président, reçoit 29 M d’actions

Régulations

Le successeur du fondateur Bruno Bonnell s’est fait attribuer 29 millions
d’actions, soit 6,5 M d’euros au cours actuel. Mais sous conditions…
Simultanément, la filiale Atari est menacée

Arrivé en avril dernier pour prendre la succession du p-dg fondateur Bruno Bonnell, l’actuel président, Patrick Leleu, ex-dirigeant de TF1/ Bouygues Télécom, a déjà eu le temps de négocier un confortable petit matelas…

On apprend qu’en juin dernier, le conseil d’administration lui a généreusement et gratuitement octroyé 2% du capital soit 29 millions d’actions, ce qui à 0,22 euro par action (cours actuel) représenterait la coquette somme de 6,5 millions d’euros.

Par ailleurs, précise le quotidien Les Echos, le nouveau directeur général adjoint, Mathias Hautefort, ami du nouveau président arrivé en juin, a, lui aussi, bénéficié d’une attribution d’actions à hauteur de 1% du capital, soit 14,7 millions d’actions (représentant potentiellement plus de 3 M?).

Certes, ces attributions gratuites d’actions ont fait l’objet de négociations au moment de l’embauche. Leur obtention définitive et réalisation sont soumises à des conditions de succès et à une échéance (un objectif de marge brute, et un engagement sur 3 ans…).

Mais tout de même, le montant impressionne, d’autant plus que l’on sait que le valeureux fondateur, l’inoxydable Bruno Bonnell, n’est parti qu’avec un modeste chèque -relativement- de 2,1 millions d’euros… Ce n’est pas tout, il est vrai: Infogrames paiera également 300.000 euros pour les frais d’hébergement de l’ancien dirigeant et a prêté 1 million d’euros, convertible en actions, à une société contrôlée par B. Bonnell en personne.

Il faut dire que le contexte n’est pas favorable. En mars dernier, Infogrames présentait un exercice fiscal en pertes, le 7è consécutivement négatif, avec un chiffre d’affaires en recul à 305 M?.

Le problème urgent à régler reste celui de la filiale Atari aux Etats-Unis, détenue à hauteur de 51%: faute de présenter ses résultats en bonne et due forme, elle est menacée d’être radiée de la cotation Nasdaq (le titre a perdu la moitié de sa valeur depuis début 2007).


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