Serrurier et Labidoire, Informatica, « Urbaniser les données pour une maîtrise des flux »

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Emmanuel Serrurier, Informatica

L’intégration des données se retrouve au cœur des révolutions informatiques actuelles comme le cloud de plus en plus hybride ou l’internet des objets. Entretien avec des spécialistes : Emmanuel Serrurier, directeur général d’Informatica France, et Bruno Labidoire, son directeur technique.

L’intégration des données se retrouve au cœur des révolutions informatiques actuelles comme le cloud de plus en plus hybride ou l’Internet des objets. Informatica entend bien saisir ces différentes opportunités. Entretien avec des spécialistes : Emmanuel Serrurier, directeur général d’Informatica France, et Bruno Labidoire, directeur technique.

Silicon.fr : Cloud, Hadoop… Comment Informatica assume-t-elle l’intégration dans un environnement de plus en plus hétérogène et multiforme ?

Bruno Labidoire : Notre plate-forme Vibe se propose de déployer la gestion de la qualité des données via un référentiel unique et cohérent à travers tous les environnements de l’entreprise : système applicatif global ou départemental, cloud, Hadoop, etc.

Une urbanisation des données à la fois technique et habillée pour les métiers
Une urbanisation des données à la fois technique et habillée pour les métiers

L’objectif consiste à répondre efficacement aux besoins des entreprises confrontées à des environnements de plus en plus hétérogènes et cherchant à les faire communiquer entre eux de la façon la plus homogène possible.
Outre les outils destinés aux informaticiens, Informatica propose aussi des outils pour les utilisateurs métiers. En s’appuyant sur MDM v10, les spécialistes définissent un référentiel d’informations, intégrant toutes les sources de données, y compris celles des applications comme SAP, Oracle ou Salesforce, par exemple. Un travail complet d’urbanisation des données.
Des prestataires spécialisés peuvent même intervenir pour élaborer des référentiels plus spécifiques. A partir de ce gisement de données conçu pour eux, les utilisateurs métiers deviennent autonomes.

Bruno Labidoire, Informatica
Bruno Labidoire, Informatica

Comment se traduit cette simplification des données à l’attention des métiers ?

Bruno Labidoire : La couche Intelligent Data Platform s’installe au-dessus de Vibe, afin de masquer la complexité de l’architecture des données à l’utilisateur métier, et de lui fournir des fonctions métier de haut niveau (développées par l’entreprise ou par des tiers). Ainsi, le spécialiste du marketing accède à ses informations client ou produits, peut les croiser/recouper… quelles qu’en soient les sources et sans avoir à s’en préoccuper.

Le cloud hybride apporte une difficulté supplémentaire qui impacte directement l’intégration des données. Que demandent actuellement les entreprises à ce sujet ?

Emmanuel Serrurier : Informatica a justement été créée pour gérer la complexité des infrastructures hétérogènes utilisant à la fois le mainframe, le client/serveur, pus les intranets. Et désormais le cloud, sous toutes ses formes.
Effectivement, l’un des problèmes actuels est lié au cloud hybride et aux données métiers résidant en partie sur le cloud et en partie dans le système d’information sur site. Nos clients nous demandent donc de plus en plus d’intégration des données résidant sur différentes applications Salesforce créées par plusieurs de leurs départements. Il s‘agit alors de mettre en place un référentiel unique pour toutes ces applications en mode “pure cloud”. Ce type de demande et l’intégration cloud hybride et système applicatif représentent plus de 50% de nos projets en cours.

Emmanuel Serrurier, Informatica
Emmanuel Serrurier, Informatica

Cependant, le premier frein face au cloud reste la sécurité…

Emmanuel Serrurier : Depuis deux ans, nous proposons justement plusieurs outils de sécurisation des données. Les entreprises souhaitent pouvoir déployer des tests applicatifs sur du cloud de type IaaS ou PaaS, pour accélérer le déploiement d’environnements provisoires sans avoir à gérer les aspects matériels. Il convient alors de sécuriser les informations (parfois sensibles) utilisées dans le cadre de ces tests.
Notre solution de Test Data Management assure un masking efficace. Il s’agit d’anonymiser les informations, en proposant aux applications de tests des données qui ont l’air réelles, mais qui ne sont pas les informations originales.
L’archivage de données (voire l’épuration) représente l’une des autres fonctions les plus demandées par nos clients. Les réglementations nationales, européennes ou internationales contraignent les entreprises à réaliser des traitements très encadrés des données. Ainsi, les opérateurs télécom doivent conserver les données de leurs clients sur trois ans (et pas plus), tandis que cette durée s’étend sur trente ans pour les acteurs du nucléaire. Toutefois, l’archivage (très encadré légalement) doit permettre de conserver un certain niveau d’accès et de traçabilité. Des mesures qui permettent aussi d’alléger les bases de données et d’améliorer leurs performances.

Ces mesures de sécurité s’avèrent-elles suffisantes dans ces environnements difficilement contrôlables ?

Bruno Labidoire : Informatica ajoute régulièrement des fonctions à ces solutions selon les besoins exprimés par les entreprises. Ainsi, notre solution de Dynamic Data Masking (issue du rachat d’ActiveBase) intervient aussi au niveau des bases de données de production pour les rendre invisibles aux personnes non autorisées, comme les responsables d’infrastructure ou système non habilités. Il s’agit en fait d’un proxy qui filtre les accès en fonction des profils et des droits prédéfinis. Une installation qui permet d’ajouter un niveau de contrôle essentiel sans bouleverser l’existant tout en minimisant l’impact sur les performances. Des mécanismes qui agissent également sur la visibilité des données, comme le fait de ne faire apparaître que les 4 derniers chiffres bancaires d’une carte bancaire. Selon les profils, il est possible de déterminer à quelles données ils ont accès, et avec quel niveau de visibilité.

Quels résultats concrets constatez-vous dans les entreprises ?

Emmanuel Serrurier : Les clients sont satisfaits de ces diverses évolutions, puisque nos outils répondent à leurs attentes. Toutefois, les plus matures sur la qualité et l’intégration des données nous demandaient comment établir une réelle cartographie des données à l’échelle de l’entreprise.
Informatica Secure Ad Source détecte à travers le système applicatif de l’entreprise les modèles de données –à travers les tables et les applications), les informations de type sensible, etc. Puis, les spécialistes complètent ce métaréférentiel en indiquant les traitements effectués. Et l’entreprise obtient une cartographie des données de leur intégration, et de tous les flux.
En rien avec un travail sur la compréhension des processus et l’organisation, ce type d’approche nous a amenés à développer aussi des liens étroits avec des cabinets de conseil comme Deloitte, Erst & Young, etc.

Vous ne parlez plus de Big Data…

Bruno Labidoire : Bien au contraire ! 2014 sera même l’année des POC et des premiers déploiements d’entreprise Big Data, au-delà des réalisations des pionniers du web (POC : Proof of concept ou prototypages évolués). Il s’agira aussi bien de projets de type Hadoop que de Big Data en mode streaming, voire de combinaisons des deux.
Sans oublier les effets de volume liés aux traitements de l’Internet des objets nécessitant généralement du streaming de masse pour lequel nous proposons Vibe Data Stream. Segment su streaming en volume et à faible latence sur lequel informatica est présente depuis plusieurs années avec Ultra Messaging.

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Auteur : José Diz
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