Ingenico: l’Etat s’oppose à l’OPA de l’américain Danaher

Sécurité

Trop stratégique. L’Etat français a mis un véto à l’offre d’achat de Danaher sur le français Ingenico, spécialiste notamment du paiment mobile

L’opération n’aurait pas pu rester secrète. Pourtant, rares sont ceux qui savaient que certains actionnaires importants d’Ingenico cherchaient à vendre. Simple manoeuvre pour faire monter le cours en bourse?
Ce vendredi 17 décembre, on apprenait que la cotation d’Ingenico était suspendue car le spécialiste des terminaux de paiement était en négociation avec un groupe américain, Danaher. Ce dernier est connu dans le secteur de l’électronique professionnelle. Il est soutenu par des fonds d’investissements en quête de bons placements.

Ingenico comme Oberthur et quelques autres spécialistes des cartes à puce (cf. notre article sur le Salon Cartes: ‘Le mobile peine à passer à la caisse‘), fait partie des sociétés qui détiennent un savoir-faire indéniable en matière de micro-code et d’électronique embarquée -intéressant des applications sensibles -bancaires ou touchant à la défense nationale.

Donc, les pouvoirs publics ont réagi légitimement. Derrière Safran, l’Etat français, alerté il y a quelques années par des risques de fuite de cette expertise à l’étranger, s’était imposé comme deuxième principal actionnaire de cette société. Son activité est en effet considérée comme stratégique.
L’Etat vient donc tout naturellement de s’opposer à l’offre d’achat de l’américain Danaher. Ce dernier, qui pèse entre 11 et 12 milliards de dollars, proposait 28 euros par action, soit une valorisation du capital à environ 1,44 milliard d’euros.
Safran de son côté aurait fait savoir que l’offre n’était pas suffisante.


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