Innovation de rupture : quand le DSI peine à trancher face au DAF

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La numérisation des organisations impacte les dynamiques de pouvoir au sein des équipes dirigeantes. Entre DSI et DAF, la tension monte, rapporte FT Focus.

Intelligence artificielle, cloud et egde computing, blockchain, objets connectés, robotisation avancée des processus… Les technologies de rupture et la numérisation bouleversent les dynamiques de pouvoir au sein des équipes dirigeantes des organisations.

Les DSI ont un rôle clé à jouer. Face à d’autres décideurs de poids, ils tentent de s’imposer, relève un rapport* du Financial Times (FT) Focus publié avec le soutien d’Apptio.

Globalement, 68% des dirigeants interrogés estiment que la transformation numérique renforce la collaboration au sein des équipes dirigeantes (pour développer de nouveaux produits et services) et la confiance dans l’IT dans l’ensemble de l’organisation.

Cependant, 47% jugent que cette transformation brouille les lignes hiérarchiques. Ils sont aussi nombreux à penser qu’elle accentue les divergences de vue entre les directions financières (DAF) et les directions des systèmes d’information (DSI) sur des questions stratégiques. En France, 72% des répondants le pensent.

La situation est moins tendue entre DSI et directions générales, selon le rapport. En outre, 63% des professionnels interrogés (81% en France) pensent que le département informatique doit influencer davantage la prise de décision stratégique dans l’entreprise.

Toutefois, un dirigeant sur deux (51%) doute de la capacité des équipes IT à piloter l’adoption du cloud à travers l’ensemble de l’entreprise.

43% des responsables informatiques eux-mêmes déclarent faire face à des difficultés pour recruter de nouveaux talents disposant à la fois des compétences techniques et relationnelles (soft skills) nécessaires pour l’emploi à pourvoir.

De surcroît, 31% des décideurs (56% en France) disent que tous les dirigeants prennent maintenant des initiatives liées à l’informatique. Mais la DSI garde encore le contrôle.

Gestion d’actifs numériques

53% des répondants (72% en France) déclarent que leur organisation adopte une approche par portefeuille de la gestion d’actifs informatiques. Et ce pour déterminer quels actifs peuvent lui apporter un avantage compétitif.

Dans ce contexte, quelles devraient être les priorités de la fonction informatique au cours des trois prochaines années pour assurer la croissance ? Les plus souvent citées sont les suivantes :

1. Investir dans des technologies d’automatisation des tâches d’administration. Et ce pour libérer des ressources et se concentrer sur des activités « à valeur ajoutée », dont le développement de nouveaux produits et services (34%).

2. Améliorer la gestion de données en temps réel dans l’ensemble de l’entreprise (24%).

3. Fournir un plan d’investissement clair dans des technologies nouvelles et émergentes (pour 24% de l’ensemble du panel et 32% des répondants en France).

Les priorités de la fonction informatique migrent ainsi progressivement des systèmes vers l’innovation.

Les priorités de la fonction informatique migrent des systèmes vers l’innovation.

Pour les auteurs du rapport : « les responsables technologiques qui cherchent à stimuler la croissance par l’innovation ne peuvent cependant pas abandonner leurs missions fondamentales : l’exploitation et la maintenance des systèmes informatiques. Les meilleurs trouveront l’équilibre entre impératif de croissance et accomplissement de leur rôle traditionnel dans les systèmes, et transféreront les ressources en conséquence. »

*Les résultats présentés dans le rapport « Disruption in the C-suite » sont basés sur un sondage en ligne mené par Longitude (Groupe FT). 555 cadres et dirigeants (DG, DAF, DSI, CDO, COO) de grandes entreprises ont été interrogés. 12 pays sont concernés : France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Danemark, Norvège, Suède, Royaume-Uni, États-Unis, Japon et Australie.

(crédit photo © shutterstock)

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