Intel et HP face à l’Itanium : « On espère qu’Oracle reviendra sur sa décision »

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Attendu pour début 2012, l’Itanium Poulson a été présenté à la presse en amont par Intel et HP. Une manière de contrecarrer les plans d’Oracle qui envisage d’arrêter les développements applicatifs pour la plate-forme.

Mais au final, l’offre est avant tout dictée par le marché. « Nos clients sont sur Itanium car ils ne trouvent pas la même qualité, de service et support notamment, et de disponibilité sous x86 », insiste Benoit Maillard, responsable marketing serveurs critiques chez HP France. Il n’en reste pas moins que « le sujet Oracle est embêtant, notamment pour nos clients, reconnaît Alain Carpentier, directeur des infrastructures chez HP France. Oracle veut aller vers Exadata ». Et entraîner les clients Oracle applications vers l’offre Oracle matérielle.

Le consensus ou l’alternative

Face à ce problème, deux solutions s’offre à l’Itanium : proposer des alternatives à Oracle ou convaincre Larry Ellison de revenir sur sa décision. Les alternatives se trouvant du côté de SAP, notament. « SAP a remis Sybase au goût du jour, indique Benoit Maillard, et propose une nouvelle génération d’appliance Hana [une appliance virtuelle basée sur la technologie In-Memory, NDLR]. » Sans oublier une montée en puissance des offres libres, notamment PostgreSQL, souligne le responsable marketing de HP. Voire également (dans le non libre), IBM DB2 et Informix. Les solutions ne manquent pas, donc. D’autant que le non structuré du Big Data ouvre un nouveau marché auquel HP entend répondre avec les récentes acquisition d’Autonomy et Vertica (lire notamment notre entretien avec Gérald Karsenti). « Certains clients réfléchissent à l’après Oracle », assure Alain Carpentier, sans citer de noms.

Mais la stratégie se heurte à la nécessité de migrer pour les entreprises. « L’équation économique n’étant pas au beau fixe, ce n’est pas évident » reconnaît le dirigeant. D’autant que la base de données ne fait pas tout. Certaines applications métier, motorisées par Oracle Middleware Application, génèrent une très forte dépendance. « Les clients veulent faire évoluer l’architecture matérielle mais pas les applications, même au bout de 12 ans, car recompiler les sources, quand elles existent encore, et certifier les binaires prend du temps et de l’argent, souligne Benoît Maillard. Et la prolongation du support pour 10 ans est une notion importante pour le client. » D’autant qu’Itanium supporte les versions anciennes (jusqu’à Oracle 7) des applications.

Un marché ralenti

HP et Intel préfèrent donc pencher pour la deuxième alternative. Quite à passer par des autorités tierces. Des actions sont entreprises, devant les tribunaux aux Etats-Unis ou les autorités compétentes ailleurs (celle de la Concurrence en France). « L’annonce d’Oracle a ralenti nos ventes et le marché en général », avance Alain Carpentier qui reconnaît que les ventes sur le marché du serveur critique sont « difficiles ». En d’autres termes, un retour à la normale serait la meilleure solution pour tout le monde. Du moins pour Intel et HP. « Nous espérons toujours qu’Oracle reviendra sur sa décision », conclut Benoit Maillard.

Intel Poulson Tukwila
L'Itanium Poulson (à gauche) maintient la compatibilité de plate-forme avec le Tukwila (Itanium 9300).

* Certes quelques acteurs non négligeables comme Bull et SGI proposent des solutions sous Itanium mais leurs activités ne permettent pas de créer un véritable écosystème de masse autour de la plate-forme, HP s’inscrit comme le seul partenaire significatif d’Intel sur ce processeur critique.

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