Internet : de l’alcool pour les mineurs?

Régulations

Une nouvelle étude américaine révèle que 3,1 millions de jeunes américains mineurs ont acheté de la bière, du vin ou de l’alcool en ligne

La WSMA (

Wine and Spirits Wholesalers of America), l’association américaine des grossistes en vins et spiritueux, a publié une étude qui révèle que des millions de jeunes américains, en dessous de l’âge limite légal (mineurs), achètent de l’alcool via Internet.

Selon l’étude, plus de 3,1 millions de buveurs mineurs ont acheté de la bière, du vin ou de l’alcool en ligne. Plus particulièrement, 550.000 d’entre eux auraient commandé de l’alcool !

L’étude du WSMA, pour alarmante qu’elle soit, est l’objet d’une polémique aux Etats-Unis. Elle est en effet le reflet d’un conflit dans la distribution de l’alcool depuis qu’une cour de justice américaine a reconnu l’an passé la légalité de la vente en ligne d’alcool.

Précédemment, la loi interdisait la livraison de boissons alcoolisées d’un Etat vers un autre Etat. Cette vente n’était autorisée qu’aux grossistes bénéficiant d’une licence d’Etat, qui tiraient profit de l’exclusivité de la distribution aux revendeurs locaux. Il fallait donc légalement passer par un grossiste pour livrer de l’alcool d’un Etat à l’autre.

En autorisant la distribution d’alcool en ligne via Internet, la Justice américaine a cassé la frontière des Etats, ce qui représente une sacrée rupture dans l’exclusivité jusqu’ici réservée aux grossistes, et qui selon les détracteurs de l’étude aurait orienté les résultats de cette dernière.

Certes, l’étude est opportune pour la WSMA qui peut ainsi critiquer les dérives de la concurrence de l’Internet qui est imposée à ses membres. En revanche, elle pointe surtout du doigt une nouvelle dérive de l’Internet, qu’il soit américain ou dans le reste du monde, qui menace les mineurs.

Le White House Office of National Drug Control Policy peut affirmer que “les ventes d’alcool en ligne sont loin d’être une part importante des problèmes d’intoxication“, il est bien obligé de reconnaître aussi que “Les parents doivent apprendre ce que leurs enfants connaissent déjà : que le dealer de drogue qui demeure à un coin de la ville est désormais à la distance d’un e-mail ou d’une URL de leur domicile.”

Les revendeurs d’alcool devraient apprécier d’être assimilés à des ‘dealers’?

Reste que pour beaucoup la solution est dans le contrôle à la livraison, à l’image des sociétés de convoyage qui font signer le client et peuvent ainsi exercer un contrôle sur l’âge de celui-ci.

Sauf que les sites d’e-commerce spécialisés dans les alcools ont déjà trouvé la parade en adoptant comme argument sur leurs sites la livraison “discrète en paquets fermés“. La promesse de consommer en toute discrétion, même pour les plus jeunes?


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