Internet mobile : Google bientôt opérateur ?

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Google serait en discussions avec les opérateurs Sprint et T-Mobile pour devenir opérateur virtuel aux Etats-Unis. A moins que les négociations ne cachent un autre projet.

Après les terminaux, les services de communication ? Google aurait l’intention de devenir opérateur mobile. Virtuel dans un premier temps. Selon le Wall Street Journal, Mountain View aurait passé des accords en ce sens avec les opérateurs Sprint et T-Mobile aux Etats-Unis, respectivement troisième et quatrième acteurs du marché mobile local derrière AT&T et Verizon.

Google n’a pas détaillé sa stratégie en tant que MVNO (opérateur de réseau mobile virtuel) ni présenté de plan de lancement. Le quotidien américain avance qu’il pourrait limiter son offre aux grandes villes américaines dans un premier temps, particulièrement celles où le moteur de recherche commercialise son offre fibre. Laquelle est aujourd’hui proposée dans trois métropoles (Kansas City, Austin et Provo). Une dizaine d’autres figurent au programme (Atlanta, San Jose, Phoenix…). Le projet, affublé du nom de code Nova, est dirigé depuis plus d’un an par Nick Fox, un exécutif responsable produit entré chez Google en 2003.

A la conquête de fréquences hertziennes

S’appuyer sur l’infrastructure mobile de Sprint et T-Mobile permettrait à Google de commercialiser en son nom des services de communication voix et data. Un moyen de maîtriser mieux encore les accès à ses services (Gmail, Hangouts, YouTube, Maps, Drive…) et leur monétisation. Aux Etats-Unis, Android est installé sur près de la moitié des smartphones, selon les derniers chiffres en date de Kantar Worldpanel. Une importante base d’utilisateurs qui ne pourra que faciliter le lancement d’une offre mobile.

En parallèle, Google tente d’acquérir des licences d’exploitation de fréquences hertziennes inexploitées aujourd’hui. Après avoir conduit des tests dans les hautes fréquences à l’automne 2014, Google s’est adressé à la Federal Communications Commission (FCC, le gendarme américain des télécoms) la semaine dernière pour lui demander d’ouvrir l’accès aux très hautes fréquences afin « d’élargir la bande passante d’Internet ». Si les hautes fréquences, à courtes portées, sont difficilement exploitables pour les services de voix en mobilité, elles peuvent soutenir les accès sans fil data localisés à la manière et en complément des hotspot Wifi, mais aussi servir de backbone de transport entre les stations de base en vue de mieux répartir les charges du réseau. Elles pourraient d’ailleurs jouer un rôle dans la construction de la 5G. Par ailleurs, le géant de l’Internet expérimente et investit dans des projets d’Internet par satellite, drones, et ballons.

Déjà en 2007…

Les ambitions de Google en matière de services de communication mobile ne sont pas nouvelles. Déjà en 2007, Google avait annoncé son intention de poser un pied dans les télécoms à l’occasion du basculement de la télévision analogique au numérique (TNT). Sans que rien n’arrive (à part Android en 2008). Par ailleurs, Google aurait déjà eu des discussions en ce sens avec Verizon l’année dernière. Autant de projets inaboutis qui pourraient laisser penser que les discussions avec T-Mobile et Sprint ne portent pas nécessairement sur un simple accord de MVNO.


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