Internet mobile : vers une remise en selle

Réseaux

Dans un climat de rentrée plutôt morose, l’Internet mobile ne se démarque pas du reste. Et pour cause. Selon les analystes, l’avènement du m-commerce ou e-commerce sur mobile, n’aura pas lieu avant des lustres.

Seuls les opérateurs mobiles y croient encore : ils prévoient de déployer leurs réseaux mobiles à haut-débit. Les déploiements des réseaux de troisième génération ont pris du retard. C’est à peine si les réseaux de deuxième génération (GPRS) seront prêts pour la fin de cette année 2001. Autant dire que les mobiles 3G (de troisième génération) – dont les licences à un prix exorbitant ont mis à genoux la plupart des opérateurs ? sont encore loin : 2004 ou 2005 ? Nous ne sommes pas prêts de surfer sur le Web avec nos téléphones portables.

Le problème majeur n’est pas technologique. L’arrivée imminente du nouveau protocole d’adressage sur Internet (ou l’IPv6) pourrait même lever toutes les barrières. Le point préoccupant pour les constructeurs et les opérateurs est le manque de conviction des consommateurs à l’égard de ce type de service. Actuellement, seulement 12 % des utilisateurs équipés d’un téléphone portable Wap songent à utiliser cette fonctionnalité d’accès à des portails ou sites d’information, ou pour effectuer des achats. Ils étaient 32 % en juin 2000. S’il peine à décoller, l’Internet mobile serait déjà en pleine régression…

Le terrible loupé du WAP a laissé des cicatrices

C’est précisément le loupé du Wap qui est responsable de la baisse de popularité de la téléphonie mobile comme moyen de connexion ou d’accès aux messageries. Le cabinet AT Kearney en est convaincu. Selon lui, le WAP n’est utilisé que par 16% des personnes dotées d’un téléphone compatible. Radicalement échaudés par cette technologie peu pratique et indéniablement lente, donc coûteuse en facturation ou consommation de forfait, les utilisateurs n’ont pas vraiment l’intention d’effectuer leurs recherches ou leurs achats en ligne.

Forrester Research corrobore en annonçant que le m-commerce européen ne générera que 26 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2005, alors que l’investissement pour proposer des services de m-commerce de toutes ces sociétés aura atteint 3,3 milliards de dollars (3,75 milliards d’euros), soit plus que les bénéfices escomptés. Pour résumer la situation, le m-commerce ne serait pas rentable avant 2006, voire au-delà.

Des espoirs sérieux sur le télé-paiement via les mobiles

Pourtant, les cybermarchands restent très optimistes. Selon Forrester, ils prévoient que 10% des transactions seront effectuées au moyen d’un portable en 2004. Techniquement, ce mode de paiement aura l’avantage de réduire les fraudes lors des transactions. Les commerçants auront donc tout intérêt à promouvoir le m-commerce auprès des internautes.

Heureusement, les déboires de l’Internet mobile n’ont pas ébranlé les entreprises déjà adeptes des solutions de mobilité. C’est même plutôt le contraire. Il n’est pas question de faire marche arrière. L’accès à distance à des applications est précieux pour les employés nomades. Ils ont pris l’habitude de consulter leur messagerie ou de traiter les données du système d’information de leur entreprise sans passer à leur bureau.

Vers une nouvelles organisation du travail

Ces applications pionnières, de plus en plus nombreuses, incitent à inventer une nouvelle organisation du travail.

Le faible débit des réseaux de téléphones mobiles n’est pas vraiment un handicap pour les applications professionnelles. L’Internet mobile répond plutôt bien aux besoins des intranets des entreprises. D’où le développement de portails accessibles à distance et uniquement destinés aux collaborateurs de l’entreprise. C’est le pari que fait Bouygues Télécom qui ouvre, à l’occasion du salon Networld+Interop, un portail destiné aux PME et aux très petites entrepries (TPE). Son originalité est de proposer des applications de messagerie, d’agenda en réseau, avec gestion d’annuaires. Et cela selon le mode de commercialisation ASP (location des applications, par forfaits mensuel ou annuel).

Les PDA ou Pocket-PC pourraient relancer le marché

Un autre facteur pourrait contribuer à relancer l’Internet mobile: le développement du parc des nouveaux terminaux PDA, du type Palm, I-Pac ou autres Pocket-PC. Microsoft et Hewlett-Packard/Compaq leur ont récemment redonné du crédit. La nouvelle génération de ces matériels ? comme chez Sagem – marie en effet le portable téléphonique et l’organiseur- agenda électronique ou PC de poche ? téléphone. Il est à parier que des applications efficaces pourraient venir très vite cautionner ces équipements pour cadres « chés-bran »

L’Internet mobile pourrait alors dépasser son premier échec ? le Wap ? pour reconquérir le marché avec des chances de succès réelles.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur