Internet des objets : l’industrie face au manque de standardisation (2)

CloudSécurité
Internet des objets

Réunis lors d’une table ronde organisée par Freescale, les experts d’Orange, de Technicolor ou de l’organisme de certification TÜV SÜD pointent les difficultés qu’engendre le manque de standardisation de l’Internet des objets. Et s’interrogent sur sa sécurisation.

Lors d’une table ronde autour de l’Internet des objets (IoT – Internet of Things), organisée par Freescale, les différents intervenants réunis par le fabricant de composants ont mis en lumière les difficultés que génèrent le manque de standardisation de ce marché naissant (Lire également Internet des objets : faire face à la prolifération des objets connectés).

Mettre l’intelligence dans le cloud

Roland Airiau, responsable du projet « Société numérique » des Labs d’Orange, regrette la connectivité anarchique sur des solutions propriétaires et sur des bandes libres. Et que certaines sécurités soient faibles car elles s’exécutent au détriment de l’autonomie. « Nous anticipons une évolution probable vers des bandes protégées. Quant au propriétaire, il n’a pas de sens sur le long terme. Nous allons vers des places de marché avec des espaces de services accessibles. L’enjeu dépasse le device, il est dans le cloud, et dans les derniers mètres qui sont soumis à énormément de contraintes. Nous nous sommes lancés sur le terrain longtemps avant la présence de protocoles. Quant à l’interopérabilité, elle sera dans le cloud plus que sur le terrain. »

Jean-Pierre Lacotte, de Technicolor et représentant l’Agora Réseaux Domiciliaires, s’intéresse quant à lui à la capacité de connecter des objets sur le réseau sans effet secondaire et donc à l’interopérabilité des systèmes, ainsi qu’au coût tolérable. Il constate l’existence d’une pléthore de normes – sur les produits bruns, blancs, l’audiovisuel, les télécoms, etc. – mais déplore que l’espace entre les normes soit vide…

L’Agora Réseaux Domiciliaires a réalisé un démonstrateur qui a permis de mettre en application un ensemble de solutions au domicile, une grande partie relevant de la domotique. L’interopérabilité est possible, mais chaque écosystème (chauffage, audiovisuel, télécoms, vidéosurveillance, etc.) nécessitant un ordinateur pour le piloter et/ou collecter et transmettre les données, le projet s’est révélé dans l’état économiquement non viable ! « C’est un problème de répartition de l’intelligence entre le terrain et le cloud. Comment ne pas créer des monstres chez le client ? Il faut faire le juste nécessaire en local et les traitements plus sophistiques dans le cloud, sinon il faut une gateway et des PC. Se pose également la question de l’habilitation et de l’authentification de celui qui peut intervenir. L’idéal serait de découpler les actionneurs des logiciels… »

Failles inévitables ?

Roland Fiat, de l’organisme de certification TÜV SÜD AG, a rebondi sur la conclusion de la précédente intervention pour rappeler la nécessité de disposer d’un protocole qui protège ce qui doit être sécurisé, tout en restant ouvert pour permettre les usages. Il fait cependant un constat inquiétant sur la sécurité de l’IoT : « Il n’y a pas de sécurité garantie, il y aura toujours des failles, constate-t-il. Beaucoup de produits sont utilisés au quotidien malgré un manque de maturité et donc de sécurité. Dans le développement d’un nouveau produit, la partie sécurité doit être prise en compte, elle doit entrer dans son cycle d’évolution. »

Si l’Internet des objets est bien présent dans les esprits, il peine à faire sa place dans notre quotidien. Et contrairement à ce que laisse entendre le discours ambiant, ce n’est pas le consommateur qui impose ses attentes, mais les industriels qui créent les offres et donc engendrent des besoins. Alors qu’est-ce qui ralentit le marché ? Pour les experts que nous avons rencontrés, il y a plusieurs challenges à dépasser : les standards et l’interopérabilité bien sûr, mais surtout la sécurité.

Roland Airiau - Orange ; Jean-Pierre Lacotte - Agora Réseaux Domiciliaires ;  Roland Fiat - TÜV SÜD AG ; Frédéric Lassara - PSA Peugeot-Citroën ; Jean-Pierre Desbenoit - Schneider Electric
Roland Airiau – Orange ; Jean-Pierre Lacotte – Agora Réseaux Domiciliaires ; Roland Fiat – TÜV SÜD AG ; Frédéric Lassara – PSA Peugeot-Citroën ; Jean-Pierre Desbenoit – Schneider Electric

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