Internet représenterait 25% de croissance du PIB en France

Sans Internet, où serions-nous? Le cabinet d’études américain McKinsey a publié ce 8 mars en fin de journée un rapport commandité par des acteurs du marché, dont Google principalement, qui attribue 25% de la croissance du PIB en France à « Internet », soit 72 milliards d’euros pour 2010.
Une jolie somme lorsque l’on sait que l’estimation du montant total de l’e-commerce en France est estimé à 31 milliards d’euros (source Fevad: cf. article : ‘Les français convertis au commerce électronique‘).
Alors que recouvre « Internet », selon cette étude McKinsey-Google?
Beaucoup de choses « liées à Internet« … La « filière internet » évaluée ici, en France, englobe un peu de tout:
-les activités de télécommunications voix via l’Internet (VoIP),
-les activités informatiques (matériel et logiciel) liées à Internet,
-les activités économiques ayant le web pour support, telles que l’e-commerce ou la publicité en ligne, « quelle que soit l’activité des entreprises« .
Bref, un spectre fort large, aux contours extensibles, qui explique que l’on justifie ainsi un quart de la croissance du PIB de la France, soit 61 milliards en 2009 et 72 milliards en 2010.

Il est donc question ici de 25% de la croissance du PIB. Mais compte tenu de la faible progression de ce dernier, cela ne représente jamais que 3,7% du PIB annuel.

En 2015, le chiffre de 129 milliards serait atteint, soit 5,5% du PIB du pays.

Il est vrai que, selon ce rapport, il faut ajouter les effets indirects du web:  les achats réalisés dans les réseaux physiques de distribution, mais « facilités, préparés ou déclenchés par une recherche préalable en ligne« . Ils sont estimés à environ 28 milliards d’euros en 2009, selon l’étude. Là encore un chiffre fort généreux.

Côté emploi, l’étude fait valoir que la « filière Internet » aurait créé  1,15 million d’emplois, soit 4% de la population active, dont près de 700.000 emplois directs créés depuis 15 ans.
Commentaire d’Eric Hazan, directeur associé chez McKinsey: « Internet est devenu un secteur significatif par rapport aux grands secteurs régaliens de notre économie  – l’énergie, les transports, l’agriculture… ».

Ce million d’emplois se répartit en 3 groupes: les emplois directs, qui représenteraient 700.000 postes (soit 25% des créations nettes d’emplois en France sur les 15 années écoulées).  Environ 300.000 emplois indirects – comme par exemple les salariés chargés de transporter et de livrer les achats réalisés sur le Net -,  et 150.000 emplois « induits » (achats réalisés en magasins mais après une recherche en ligne).
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Selon McKinsey, cette même filière Internet procurera 450.000 emplois supplémentaires, directs et indirects, en France dans les années à venir.

Pour rappel, McKinsey publie régulièrement des études sur l’impact de la publicité via Internet.

Investissements publicitaires et incitation des pouvoirs publics
En clair, l’étude veut souligner qu’Internet constitue un « accélérateur de développement », notamment pour les PME.  « Chaque euro investi par une entreprise dans les technologies de l’internet s’est traduit par deux euros de marge opérationnelle« .  Autre affirmation, un peu plus loin: « Chaque euro dépensé en e-marketing en ligne a rapporté 2,5 euros de bénéfice« .  On entend le message.
Par ailleurs, les commanditaires de l’étude en appelle à des investissements publics: « Des marges de progression qui devraient inciter à exploiter pleinement le potentiel numérique de la France« . Et de citer comme modèles,  « la politique volontariste de promotion de la filière  Internet aux Etats-Unis et au Japon« .