Internet s'incruste dans les élections régionales italiennes

Régulations

L’Italie aussi a voté pour élire ses conseillers régionaux. Parmi les gagnants, quelques petits nouveaux, issus d’un mouvement qui doit beaucoup à l’Internet.

Animation garantie. Davide Bono, 29 ans, tout juste élu au Conseil régional du Piémont, a promis de retransmettre par Internet les activités et les décisions de l’institution. Objectif: garantir une plus grande transparence et favoriser une participation accrue des citoyens à la vie politique.

Cet activiste à la chevelure indisciplinée fait partie du « Movimento 5 stelle » qui a semé le trouble dans les élections régionales italiennes du 28 et 29 mars dernier. Au Piémont, la gauche les accuse même d’avoir provoqué sa défaite, en leur piquant des voix. La Ligue du Nord est arrivée première.

D’un blog aux parlements régionaux

Quoi qu’il en soit, les conseils régionaux piémontais et d’Emilia Romagna vont à présent devoir composer avec ces nouveaux venus, dont le programme comporte des doses massives d’écologie, de justice sociale, de souci de légalité, mais aussi… de technologie appliquée au social et au politique. Normal, le «Movimento 5 stelle» est une créature de l’Internet.

Il est issu du mouvement totalement informel qui s’est d’abord constitué autour du blog du comique Beppe Grillo, puis, de manière plus localisée et autonome, dans des meet-up actifs au niveau des villes. Activistes de tout bord (partisans de la distribution publique de l’eau, précaires…) et citoyens las d’une vie politique institutionnelle qui tourne en rond, s’y sont retrouvés, et organisés.

De quoi affoler la gauche, qui, pour l’essentiel, y perd son latin, mais aussi, bien sûr, Berlusconi, qui a bâti une bonne partie de sa fortune sur la bonne vieille télé, devant laquelle les spectateurs restent sagement assis.

Le net se joue de la censure berlusconienne On le boute du petit écran, il revient par le réseau mondial et le satellite. Avant les élections régionales, prétextant le respect de l’égalité des temps de parole, Silvio Berlusconi s’est fait une joie de faire interdire d’antenne (publique) des émissions politiques, dont «AnnoZero», menée par le très impertinent Michele Santoro. Résultat, le 25 mars, les Internautes ont pu assister à la soirée «Rai per una notte», que Michele Santoro, en dehors de tout cadre institutionnel, a organisé dans un théâtre, réunissant les journalistes et comiques les plus critiques d’Italie. En cumulant retransmissions Internet et TV satellite, l’émission aurait dépassé le million de spectateurs. Et les vidéos continuent d’être vues et revues sur YouTube…

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