Interopérabilité ? Opera répond à Bill Gates

Régulations

Hakon Lie, directeur technique de l’éditeur du moteur de recherche ‘Opera’, répond à Bill Gates qui a pris position pour l’interopérabilité face à l’Open Source. Il pointe du doigt des dysfonctionnements chez Microsoft

On aurait pu croire que le courrier expédié par Bill Gates aux clients de Microsoft, concernant l’engagement de ce dernier sur l’interopérabilité plutôt que sur l’Open Source (

lire notre article), serait resté sans réponse ! C’était sans compter sur les chefs de file des communautés Open Source et en particulier Hakon Lie, directeur technique d’Opera. “Ainsi, M. Gates, vous affirmez que vous croyez dans l’interopérabilité. Alors, pourquoi la page de votre communiqué sur l’interopérabilité n’est-elle pas conforme aux standards HTML 4 ?” L’entrée en matière est directe ! En transférant cette page extraite du site de Microsoft dans l’outil de diagnostic W3C Validator, le module a en effet diagnostiqué 126 erreurs sur la page! Le directeur technique d’Opera pointe du doigt un certain nombre de dysfonctionnements que rencontre son navigateur par rapport à des documents qui ont été développés pour tourner sous Microsoft Internet Explorer. De même, les scripts originaires du navigateur de Microsoft, ou qui permettent de travailler sous Hotmail, rencontrent de nouveau des problèmes avec Opera ! Pourtant, dès 1998, comme le souligne Hakon Lie, Microsoft s’était engagé à respecter les directives du W3C sur HTML et sur CSS. Cette dernière n’est toujours pas implémentée totalement par Microsoft, mais depuis CSS2 est déjà sorti ! D’ailleurs, un ‘bug’ sur SS déclaré en 2001 n’aurait toujours pas été corrigé par Microsoft. Toujours en matière d’interopérabilité, Opera s’interroge sur la publication par Microsoft des spécifications WordML et sur les formats de fichiers cryptés MSI. De même, la question du respect de la norme XML reste posée. D’autant que Microsoft n’a pas documenté son format. L’interopérabilité est basée sur l’exploitation de standards reconnus. Microsoft a l’habitude de privilégier des standards propriétaires, que sa position de leader sur bien des marchés lui permet d’imposer comme étant des standards de fait. Il est difficile de se départir de ce genre de pratique, comme Microsoft nous en apporte la preuve. En pointant du doigt les dysfonctionnements des produits Microsoft, qui dit respecter les standards, Opera rappelle à Bill Gates qu’il reste un chemin à parcourir entre discours et réalisation.


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