Italie: les spammeurs iront-ils en prison?

Régulations

Le pays s’est doté d’une nouvelle loi qui envoie les spammeurs en prison -s’ils sont italiens… Efficace?

En Italie, on ne rigole plus avec le spamming. Et le risque pour ceux qui envoient ces mails non sollicités est énorme: 90.000 euros d’amende et 3 ans de prison. Il faut dire que l’année dernière, l’agence italienne chargée de la protection des données et sa police spéciale a reçu plus d’un million de plaintes. L’ampleur du fléau est telle que le pays a décidé de jouer la carte de la sévérité.

“S’il ‘agit d’une pratique systématique destinée à produire des bénéfices, la prison est alors une éventualité sérieuse”, estime Giovanni Buttarelli, membre de l’agence de protection des données. “Le spam n’est pas seulement une intrusion énervante, c’est également du temps perdu à passer effacer les messages, personne n’aime cela”, a-t-il expliqué. Mais selon les professionnels, et de l’aveu même des autorités, l’efficacité de cette loi pourrait être très limitéé. En effet, le texte ne s’applique qu’aux spams envoyés depuis le sol italien. Or, la grande majorité des mails non sollicités reçus par les internautes transalpins (comme partout d’ailleurs) proviennent des Etats-Unis… Spam: l’épidémie

L’Union européenne estime qu’environ 48% des emails envoyés sont non sollicités par leurs destinataires et estime le coût de productivité engendré par la perte de temps dans les entreprises à 2,5 milliards d’euros.

Une directive européenne existe. Elle prévoit de créer une liste de personnes acceptant de recevoir des emails non sollicités. Mais aucun pays de l’Union n’a encore transposé cette directive. La France, avec la future loi sur la confiance en l’économie numérique, devrait l’appliquer dans les mois qui viennent. Aux Etats-Unis, la solution retenue pour l’instant est une proposition de loi pour créer une liste de personnes déclarant ne pas souhaiter recevoir d’email.


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