Jean Varaldi (Qualcomm) : « L’arrivée de Windows RT est un formidable relais de croissance »

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Smartphones, tablettes, télévisions, voire serveurs, Qualcomm est sur tous les fronts. Responsable semiconducteur de Qualcomm France, Jean Varaldi revient sur la stratégie Snapdragon de l’entreprise à l’occasion de l’iQ2012 de Berlin.

Silicon.fr – Quels marchés adresse Qualcomm avec ses processeurs Snapdragon ?

Jean Varaldi – Nos puces sont dédiées par segment. Nous adressons l’ensemble des segments, de l’entrée de gamme au haut de gamme, et nous sommes le seul acteur sur le marché à pouvoir répondre à l’ensemble des besoins par des processeurs, avec ou sans composants radio, et des solutions destinées aux télévisions connectées et set-top-boxes que nous commençons à livrer, notamment chez Sony.

La télévision connectée, c’est un nouveau marché pour Qualcomm. Comment comptez-vous l’aborder ?

Nous parions que la télévision est appelée à devenir « intelligente », comme le téléphone, en bénéficiant d’une ouverture sur l’extérieur. Et pour nous, les mots clés sont les mêmes : CPU, GPU, OS, écosystème… Tout le travail fait précédemment sur nos processeurs va bénéficier au marché de la smart TV et du set-top-box. En Chine, Lenovo a intégré une solution Qualcomm dans une télévision Android. Le marché est en devenir et tous les investissements fait jusqu’alors vont être réutilisables.

L’arrivée de Microsoft sur l’environnement ARM avec Windows RT est une opportunité pour Qualcomm…

C’est un marché fabuleux qui montre le changement de l’industrie, où l’architecture mobile influence directement d’autres secteurs à travers la consommation, la performance, la finesse des produits, des coûts intéressants… Le marché du PC est en décroissance au profit du smartphone et de la tablette.

Qualcomm a commencé à travailler sur le marché de la tablette en 2010, notamment pour les entreprises, alors que les offres Android et iOS ne correspondaient pas tout à fait à leurs besoins. Microsoft a trouvé le moyen d’aborder ce marché et le fait de proposer Windows RT en même temps que Windows 8, tout comme de décliner Office sur RT, est un signal fort. C’est un formidable relais de croissance pour Qualcomm.

Et le marché des serveurs ARM ?

C’est un énorme marché sur lequel nous travaillons. Le design des puces est différent des architectures mobiles et les fondamentaux en matière de consommation sont très importants. Nos technologies sont pertinentes à moyen et long termes sur ce marché.

Peut-on avoir un aperçu de votre roadmap ?

Les usages mobiles sont en constante évolution et l’imagination est sans fin. Il est donc difficile de prévoir les usages de demain. Mais l’histoire montre que l’innovation crée l’usage. C’est pourquoi Qualcomm investit beaucoup d’énergie pour développer des outils, des briques de développement qui effacent la technologie sous-jacente afin d’accélérer la livraison de l’offre applicative.

C’est le cas d’AllJoyn [services d’échanges en P2P open source, NDLR] ou de Vuforia, le SDK pour la réalité augmentée.

Plus concrètement, allez-vous multiplier le nombre de capteurs dans vos processeurs ?

Nous en intégrons déjà, à commencer par le GPS. Nous avons une équipe qui travaille avec les industriels des capteurs pour les intégrer dans nos solutions. Et si nous ne les intégrons pas dans le processeur, nous développons le software pour exploiter les capteurs. Mais il est toujours plus intéressant, dans un souci d’optimisation, d’intégrer les capteurs dans le silicium.

Qualcomm a invité Jens Schulte-Bockum, le patron de Vodafone Allemagne. Comment travaillez-vous le marché des télécoms ?

Qualcomm a compris les contraintes des opérateurs mobiles sur la consommation de data notamment. Nous adressons ce marché de trois façons : d’abord en supportant de nouvelles bandes de fréquences. Par exemple, nos processeurs sont capables de supporter les 40 modulations du LTE utilisées dans le monde. Ensuite, nous travaillons avec les organismes de standardisation pour optimiser les technologies radio. Nous sommes le plus gros contributeur du 3GPP.

Enfin, à travers les architectures réseau. Qualcomm travaille aujourd’hui à densifier le réseau avec les small cells par l’intermédiaire de nos composants femtocell. Il s’agit de répondre à la demande de capacité qui va être multipliée par 1000 dans les 5 prochaines années selon les estimations.

Il n’y a pas eu d’annonces lors de l’iQ2012…

Qualcomm profite plutôt des salons internationaux comme le CES et le Mobile World Congres pour faire ses annonces produits. L’iQ est plutôt dédié à présenter l’ensemble des activités de Qualcomm à nos partenaires, aux analystes et aux journalistes.

Nous communiquons sur nos chipsets dans un souci pédagogique afin de différencier la valeur des smartphones selon les usages. Communiquer sur le nombre de cœurs, les mégahertz, etc., n’est pas représentatif de la réalité. Nous souhaitons adresser un message qualitatif aux utilisateurs à travers les usages.

Et l’idée fonctionne. Certains constructeurs commencent à communiquer sur ces usages. La preuve, Nokia, représentée par Jo Harlow, ce qui n’est pas rien [Jo Harlow est vice présidente de Nokia, NDLR], est venu à notre conférence. Notre message s’appuie sur des réalités. Nous sommes confiants dans la performance de nos solutions.

Comment se répartissent les revenus de Qualcomm ?

Sur les 15 milliards de dollars réalisés en 2011, 62 % proviennent des semiconducteurs, environ 34 % du licencing et autour de 4 % des services aux opérateurs. En 2011 nous avons vendu près de 500 millions de chipsets. Et avons investi 3 à 4 milliards en recherche et développement, soit 21% de notre chiffre d’affaires.

(Article mis à jour à 16:15 avec des précisions sur la répartition du chiffre d’affaires)


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