Kodak double son bénéfice avec le dollar et le numérique

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Les résultats supérieurs aux attentes d’Eastman Kodak accompagnent sa migration vers le tout numérique, sans oublier le coup de pouce du dollar

La migration vers le numérique est en route, et les résultats financiers suivent. Pour le premier trimestre 2004, les ventes d’Eastman Kodak progressent de 11% à 2,92 milliards de dollars. La chute du billet vert a accompagné cette progression.

Le groupe a plus que doublé son bénéfice, qui passe en un an de 12 à 28 millions de dollars. De quoi dégager suffisamment de profit par action pour compenser le coût des acquisitions, 1 milliard de dollars pour le rachat de 7 sociétés en 2004. Le numérique en hausse, le chimique en baisse Les ventes de produits numériques ont progressé de 44% sur le trimestre, alors que les produits chimiques, en particulier la photographie argentique, se replient de 2%. Sur le numérique, les ventes d’appareils photo, d’accessoires et de mémoires progressent de 98%, les kiosques photos et produits associés progressent de 55% et les papiers pour jet d’encre de 42%. Sur les activités traditionnelles de Kodak, les ventes de films 35mm, appareils photo jetables et piles chutent 6%, et la fabrication de rouleaux de pellicules en marque blanche de 10%. La division ‘digital and film imaging‘ se maintient donc en tête des activités du groupe, avec un chiffre d’affaires de 1,93 milliard de dollars, mais une progression de 7% seulement. Restent l’imagerie médicale qui progresse de 15% à 631 millions de dollars, et les ventes d’imprimantes qui bondissent de 51% à 133 millions de dollars, essentiellement avec l’acquisition récente de Scitex Digital Printing. La réussite de la migration reste à démontrer Même si les chiffres publiés sont encourageants, et même supérieurs aux attentes, il est prématuré d’affirmer qu’Eastman Kodak a réussi sa migration. Tout d’abord, le groupe tire une partie de ses revenus et de sa progression de ses acquisitions, qui forment un assemblage parfois hétéroclite d’activités qui peinent à se coordonner, ce qui laisse planer le doute sur la pérennité du montage, en plus de l’obsolescence de ses métiers traditionnels. Ensuite, la marche forcée vers le numérique s’accompagne d’un plan particulièrement agressif de réduction des coûts, qui passe par la suppression de volumes impressionnants d’emplois. 6.000 suppression en 2003, 2.500 à 3.500 en 2004, et un plan de suppression de 12.000 à 15.000 emplois jusqu’en 2007, ce qui portera le nombre d’employés de Kodak à un niveau inférieur à son plus bas rencontré au cours de la seconde guerre mondiale ! Un signe qui ne trompe pas sur la perception du groupe par le marché boursier : le titre ne figure plus au Dow Jones depuis deux semaines. Il ne l’avait pas quitté depuis 1930 !


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