Kroll Ontrack veut se lancer à la conquête du marché “retail”

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Le groupe spécialisé dans la récupération des données nous explique pourquoi il entend lancer une offre à destination du grand public…

La société, d’origine américaine, lancée en 1985 par d’anciens spécialistes du monde des mainframe, a bien compris que la récupération des données pouvait être un modèle économique parfaitement rentable, tant du côté professionnel que du côté particulier avec la multiplication des unités de stockage à grande capacités.

Le directeur du bureau français de Kroll Ontrack, Paul Dujancourt explique que la division France du groupe a été créée en 1998, la firme va donc prochainement fêter ses dix ans de présence dans l’hexagone. Notons d’ailleurs que le laboratoire de Kroll Ontrack, localisé à Verrière-le-Buisson (91), est en pleine rénovation, à terme les locaux disposeront d’une surface de 1.000 m2.

Interrogé sur la pertinence d’une offre pour les particuliers, Paul Dujancourt indique que des projets sont dans les cartons. Ainsi, une offre pour le grand public est déjà disponible dans 200 magasins britanniques de la marque PC World et en France, une phase de test auprès de deux grands noms de la distribution est lancée. Elle devrait durer entre six mois et un an. Une offre similaire est déjà disponible dans les pays nordiques, mais aussi en Italie, en Espagne et également en Pologne.

Pour Dujancourt, il semble donc intéressant de proposer aux particuliers la récupération des données, certains contenus sont effet extrêmement précieux, notamment les photos numériques, qui sont aujourd’hui plus stockées qu’imprimées.

Pour illustrer ce point de vue et le potentiel d’une telle offre, Paul Dujancourt précise qu’au mois de juillet, période de la remise des thèses des universitaires, son équipe est régulièrement contactée par des étudiants qui cherchent un moyen de récupérer leurs travaux.

Reste un problème à résoudre : assurer la rentabilité d’un tel projet. Car s’il est presque certain au regard des études de marché menées par le groupe que l’idée est bonne, pour l’instant l’offre la moins chère de Kroll Ontrack en France est de 800 euros contre 150 euros pour le marché britannique. Une différence de prix qui s’explique par le modèle économique des grands noms français de la distribution qui ajoutent de multiples couches de services, qui au final, augmentent considérablement le prix global de la récupération des données.

Autant dire tout de suite qu’a 800 euros la récupération de données (garantie à 80%) les clients risquent de ne pas être nombreux.

Pour l’instant, la part de marché du “retail”ne dépasse pas les 15 à 20% du chiffre d’affaires global du groupe, précise Dujancourt. Ce qui tend à prouver que la société est encore très orientée “pro”. Son chiffre d’affaires global est de 5.2 millions d’euros et à l’échelle mondiale Kroll Ontrack procède à près de 60.000 récupérations par an. (ndlr : un compteur à l’octet récupéré est visible sur le site du groupe.)

Pour conclure, le directeur de Kroll Ontrack précise que la division France va également chercher à développer son activité « investigation». Le récupérateur est en effet obligé de dénoncer la détention d’images pédo pornographiques, la non-dénonciation étant assimilée à de la complicité dans ce genre d’affaires. Les cas sont assez nombreux. Sans donner de chiffres, Dujancourt précise que cela arrive plusieurs fois par an et que ses équipes disposent du soutien d’un psychologue, car certaines images sont extrêmement choquantes.

Aujourd’hui le pôle investigation de Kroll compte 5 personnes, et travaille avec des juges d’instruction, et les renseignements généraux. Sa mission est la caractérisation des images et des données, l’origine et la production.

Pour consulter notre article sur les cas clients les plus insolites de Kroll Ontrack, cliquer sur ce lien.

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